Purs souvenirs de CLARA - JUIN 2018

Restos, Paris, Auvergne, Marseille, Aix et autres lieux

Il y eut, CLARA, surtout des restaurants dans TOUTE LA FRANCE 

Il y eut des brasseries, pubs et de petits hôtels amoureux à deux étoiles. De Montmartre au Périph', tout perdus au fond du ciel en hiver, en passant par la Seine... Nous les avons connus ensemble, dissimulés derrière l'anonymat si doux de la grande ville que je ne suis jamais arrivé à aimer, dans l'ombre des rues, loin des réverbères. Derrière les fenêtres à double vitrage des hôtels discrets mais complices, enfermés à clé, sous des draps. Tout nus et tout cachés, nous ne nous cachions plus rien.

 

Et puis des hôtels paris- new-yorkais

il est toujours agréable de croiser de telles créatures dans les couloirs de son hôtel. On espère qu'elles ne vont pas s'envoler sans nous. Ce serait dommage, surtout si elles prennent la direction du septième ciel. Non ? 
Ce mont de Vénus bombé et ces fesses cubiques et plates à la fois. Ces seins aux pointes dressées. Ce regard consterné de l'homme. Ces visages hallucinés qui se font face. Ces détails ne sont pas là pour rien.
Carlton Arm's hôtel, New York 1999.
 

Car parfois, se souvenait-elle, ce fut Paris...

Il rêvait qu'il la retrouvait, CLARA, et qu'il lui disait : "Maintenant que tout est fini entre nous, maintenant qu'il n'y aura plus rien, que nous ne sommes plus nus ensemble dans le même lit, dans la même baignoire, sous la même douche, je peux te confirmer : tu es la femme de ma vie"
Et elle lui avait bien offert et à jamais les plus beaux moments de son existence. Moments qu'elle s'était d'ailleurs toujours ingéniée à raccourcir par ses retards perpétuels et à gâcher par des demandes parfaitement impossibles à réaliser. C'était crétin. 
- Mais qu'importent d'impossibles demandes quand il s'agit d'éternelles amours ?
 
Freddy Mercury, Queen, LA voix : 
"...Goodbye, every body, bye bye,... ",  chantait-il 
Et puis, d'un coup, sans s'en doûter, la phrase qui tue  : 
"...I don't want to die..." 
- Tu parles, Freddy, tu parles... 
 

Le XIVe, à l'automne

Paris, 5ème étage de l'hôtel, le soir. Je me promène nu dans notre chambre sans fermer les rideaux. Je t'assure que personne ne nous voit, tu enlèves ton peignoir et tu me rejoints, tout aussi nue. Nous faisons l'amour. Longuement. Je crois que les gens nous ont aperçus. J'en suis même certain  :en face, ils ont éteint la lumière pour mieux voir sans être vus. Je connais le coup. Toutes les positions y sont passées. lls se sont rincé l'oeil. Tu ris. Au fond, le Périph'. 

JE LE JURE : mes chambres d'hôtel préférées ont été celles du Sud-Ouest. J'y ai passé les plus beaux moments de ma vie, avec la FEMME DE MA VIE

Toutes les choses et tous les gens se mettaient à me rendre heureux. Y compris les paysages, et même les villes, les villages. Les champs de tomates endormis au soleil, les petites églises oubliées par le bon Dieu, les terrains de rugby pelés, les routes départementales et leurs platanes qui ont soif. Là-bas, y a même des palmiers. C'est l'été, on vivra à poil la fenêtre grande ouverte. Le Sud-Ouest, c'est trente ans de retard sur tout, sauf sur les trains, qui, eux, CLARA, ne furent jamais en retard. Trente ans de retard, c'est passer de cinquante printemps à vingt ans. 
Saint-Ouen l'hiver
Paris, sortie de l'hôtel, au petit matin gris. Au fond, le Périph' encore. Le bruit, les odeurs de mazout. Relents de café, la prochaine fois, on prendra du thé. L'âcre impression d'avoir tout perdu, fors quelques SOUVENIRS. " Où est-elle déjà ? " Et de s'élancer sous la pluie en se disant que décidément, CETTE SAISON EST BIEN HUMIDE...
 

Ça lui faisait bien soixante cinq ans et Jean - Jean que personne n'avait jamais surnommé Jeannot -  n'avait plus d'amis. 

Ou si peu... De vrais, de vieux, de beaux amis. Des amis à la Brel. Des amis couillus. De ceux à qui on dit tout, mon Jeannot, sans mentir, et qui vous veulent du bien. Qui dépensent leurs derniers sous pour vous inviter au resto parce que chagrin d'amour. 
Il les avait comptés : ne lui restait qu'ELLE. Mais ne lui restait plus, pour ELLE, qu'une vraie dilection (dilection, voir le Larousse : " Amour tendre et purement spirituel porté à quelqu'un ; préférence parfois secrète pour quelqu'un ou quelque chose "). Au bout du compte, au bout de tant d'années, de disputes, de dîners au restaurant ou ailleurs, de cafés magiques et de Train Bleu, de TER, de nuits chaudes, d'espoirs déçus, d'érotismes et d'illuminations, elle avait gagné. 
Elle était devenue imbattable, surtout quand elle gardait ses bas noirs pour faire l'amour, juste parce que ça faisait vulgaire. 
Et lui, il craquait devant les bas noirs, même s'il regardait surtout entre les bas, ses cuisses ouvertes. 
- Il aurait tant aimé qu'on l'appelle Jeannot...

Quotidien et Petits Drames : YES

Quand Clara lui demanda de mettre un terme à leur relation, il accepta à une vitesse presque désobligeante. Il fut d'accord sur tout.
Et pourtant, il n'en n'était rien. Mais lui aussi n'avait plus la force de continuer. Serrés l'un contre l'autre, seuls comme ils aimaient être, ils s'expliquèrent longtemps, même si quand il fit semblant de décider soudain de vraiment partir (" - Chiche ? "), elle ne le retint pas. En repensant à ce qu'ils s'étaient dit, il réalisa qu'elle avait plus profondément réfléchi sur ce sujet que ce qu'il paraissait. Elle était décidément pas con : elle avait même comme préparé à l'avance une série de questions précises à lui poser. Le tour de la question. Il y répondit avec sincérité, et il la libéra, et il se libéra avec elle. En vérité, ils ne supportaient tout simplement plus l'un comme l'autre leur propre duplicité. 
La duplicité, ce n'était plus drôle du tout, parce que dans leurs vies, il y avait vraiement du nouveau. Leurs " conjoints " vieillissaient, et même si ce n'était plus de l'amour depuis des décennies, ces conjoints ne méritaient pas de vieillir seuls. Elle le savait, il le sentait, mais elle dût le lui expliquer. Son mari devenait dépressif. Elle voulait comme l'aider à mourir en le regardant dans les yeux, sans arrière pensée. Elle lui devait ça, pensait-elle. 
Alors, ils eurent la sagesse de se séparer sans heurts, sans mensonges et sans projet définitif : on se reverra sûrement, on pourra déjeuner ensemble, parler, se raconter tout, ce n'est pas interdit. Pas de drame, donc. Ce serait presque comme avant. Sauf que quelque chose avait changé : leur âge.
Il y eut des effets de bord. Le pire n'était pas la " fin du sexe ", mais " plus personne avec qui partager tout ". Car dans les oreilles de qui allait-t-il déverser tout ça ? Son discret désespoir ? Ses états d'âme nombreux ? ELLE n'était plus là pour le lire, et devant lui, c'était un vide auquel il faudrait s'habituer. Ou plus exactement : continuer à s'habituer. Il comprit sans pouvoir le lui dire - ils avaient même arrêté les mails - qu'ils étaient les êtres les plus vertueux du monde : ils renonçaient à des plaisirs réputés " choquants " - mais en vérité bien innocents - pour le sauver bonheur de conjoints qui étaient devenus comme de vieilles et inoubliables habitudes à respecter. 

Le VIDE SIDÉRAL AMOUREUX

Ne pouvoir plus écrire à quelqu'un(E) : subitement, la perspective s'évanouit de ne plus savoir, quelque part dans sa tête, qu'on donnera cinq minutes - CINQ MINUTES ! - à consacrer à quelqu'un dans la soirée, la nuit, à l'aube, etc. Cinq minutes pour partager avec ELLE ses vastes - et inutiles - songes sur la vie, ses réflexions sur le " quotidien ", les jours, décennies, l'éternité...

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Sud-Ouest, ChâtelG, Paris 1er puis Marseille, Aix-en-Provence 

Hôtels avant, rues ensuite. Car il devait arriver un jour où sans le faire exprès, je passerai souvent à l'angle de TA RUE, où tu n'étais jamais. Je le savais très bien, c'était pas grave, mais ça me faisait quand même un drôle d'effet. 

La plupart du temps, je me rendais à la Chambre d'agriculture, où mes préoccupations me font tout oublier, sauf que l'objet de mes stratégies, découvertes, réflexions, budgets, écologie, indignations, bio (!), mises au point, tractations de mon cher domaine. Et il m'est souvent arrivé de rêver que, pendant que je suis parti en Jeep " en réunion " dans les terres, tu m'attends sur la terrasse, presque endormie dans une chaise longue, un livre ouvert sur les seins et pensant à moi, qui vais revenir.  

De toutes les façons pas le temps de m'habituer à ta rue, tu étais déjà repartie. D'autres fois, ce fut ailleurs : on se planquait et on s'enfuit jusqu'à Marseille-sur-Calanques

Alors, du fond du temps et des histoires, sortent avec les jolies filles, savez-vous ? Les bateaux, le Mont-Aigoual, les pointus colorés des calanques, les filets, les poissonnières et les poissons, les promène-couillons, les barquets, les péniches...
Et toujours, quand on pense à de l'eau, à la mer, à l'océan, il y a une FEMME. 
Surtout quand elle se déshabille, se baigne et se douche à poil justement dans une calanque. Et qu'elle soit Polonaise ou Chinoise, cette déesse nue, ça se passe du côté de Marseille, où tout ce qu'on croit voir - y compris le travail - pose de drôles des questions.

 

NIOLON-sur-MER ? THALASSA? THALASSA, THALASSA !!!
Quand l'hiver sera fini, « …Irais tu avec moi y passer quelques jours en amoureux ? Irons nous nous baigner tous nus dans une calanque près de Niolon ou d'Ensuès ? cela me plairait beaucoup , nous pourrions déjà y faire une petite incursion en mars pour visiter à pied tout simplement, espadrilles et nez en l'air … ". Puis, en 12/2016  : « Les souvenirs de Niolon sont encore très présents, trop présents, le premier déjeuner en 2000 dans ce lieu magique avec toi, au soleil, j'en ai pleuré d'émotion, ..."

 

"...nous y sommes revenus deux fois encore, toujours aussi magique, la petite chambre sous le restaurant, la lumière à travers les persiennes, le soleil qui filtrait,  juste à garder et à revisiter de temps à autre, je vois que tu as gardé des photos compromettantes, c'est bien, les photos ( surtout quand elles sont réussies ) sont les miroirs de nos souvenirs... " 

"...Et si je trouvai une petite maison à acheter à Niolon ?? j'en ai vu quelques unes à l'Estaque pas trop mal ... mais ce n'est pas très pratique pour aller au cinéma ou pour circuler à 80 ans ... je vais réfléchir Ah ! Enfin ! C’est vrai ! " 

 NIOLON, BIS

- ...Dis, Richard, tu trouves pas c'est beau, un port, de nuit...? 

- Ça dépend tes souvenirs, mon ami, tout dépend de ça...

- Et une chatte ?

- C'est bien mieux en plein jour, l'ami, c'est bien mieux en plein jour ! Il faut un minimum de lumière pour en saisir toutes les subtilités, replis, vallées, collines, nuances...

 
Je disais : "..Trente ans de retard c'est des gens gentils, des plats mitonnés, une hôtelière compréhensive derrière son comptoir. Une taulière commac', une qui a encore le goût des romances.  " - Qu'est-ce elle va faire, celle-là, dans la chambre 23, la petite dame blonde si propre sur elle avec son grand mec parisien classieux en costume gris façon CAC40 ? Le " monsieur " qui paie en liquide ? La petite dame si distinguée ? "

ELLE SAIT : ils vont se déshabiller comme des adolescents dans un polar et faire l'amour comme des héros de la collection Arlequin. 

Et elle lui chipera peut-être son élégante chemise blanche en coton Oxford.  Elle la portera grande ouverte. 

Mais la taulière sait les meilleures choses ont une fin. Elle sait que le Parisien en gris, il est né à Montélimar. Et qu'elle ne le verra même pas sortir de l'hôtel. Mais elle sait aussi il va remonter dans sa petite Honda rouge à elle, une diesel jonchée de K7 poussiéreuses. Et il va reprendre son TER et qui sait quand il reviendra.

IL A ÉTÉ UNE FOIS : COMMENÇONS PAR LA FIN : 

"...Éprouvant retour à Versailles. Je ne l’imaginais pas comme ça. Le 11 septembre 2014, vers 10 heures GMT, à T…, Mère à pris la route de G... et moi celle de Paris. On se séparait : nous partions l’un et l’autre vers notre « destinée », vers notre nouvelle vie solitaire, après la mort de mon père. Une bonne fois pour toutes, la vraie. 

J'ai appareillé après elle : j’ai fini de charger la Volvo, ` regardé une dernière fois  – seul, priant - le lit où mon père est mort. Sur la terrasse, les feuilles des platanes bougeaient doucement dans l’air lumineux de septembre. J’ai fermé les lourdes portes de T…., et pris la chère RN7, la route de ma vie. Ce fut un voyage initiatique, mais une route mythique "vers le Nord". On ne s'enfuit que vers le Sud, habituellement : le Nord, c'est le froid, la nuit, le sérieux, l'introspection ; le passé. 

 

À peine T…. perdu de vue, je suis passé devant la tombe de D….., puis devant le château du T, Belle au bois dormant qui avait appartenu à mon grand-oncle, un vrai grand-oncle de légende. 

 

RN7, autoroute. Orange, non loin de chez O…., puis Valence, Vienne, la vallée du Giers. J’y circulais souvent quand j’habitais M…., il y a 15 ans, dans une autre vie. Mes enfants étaient petits. En rentrant de voyage, je leur racontais des histoires, le soir, au coin du feu, en leur chatouillant les doigts de pieds. 

 

 

Direction St Etienne, bref cap à l’ouest. Aujourd’hui, on contourne St Chamond : les arbres de cette rocade que je ne connaissais pas ont déjà 20 ou 30 m de hauteur : la vie et les décennies ont passé. Cap au Nord : j’ai traversé le FOREZ, que je parcourais autrefois passionnément, années 80, avec feu RP, prodigieux concessionnaire. Grosses colères, belles Renault, grandes bouffes. Neige, froid. Pluie. Thiers. L’autoroute s’envole alors vers Clermont-Ferrand, ville prodigieuse (Michelin, Vialatte ! Giscard) où mon père m’emmena, avec NN, voir le grand prix de France en 1965. Victoire, Jim Clark). Nous roulions en DS. 

J’ai toujours aimé Clermont l’obscure, la Limagne,  les Puys. 

 

Ensuite, il y eut Riom. Le lendemain, j’ai pris un énorme petit-déjeuner et poursuivi ma route vers le nord. Un vrai Jim Harrison. J’ai roulé comme un métronome. 4,2 l/100 : je conduis  admirablement. J’ai doublé « Epinieul le Fleuriel » : beau et coûteux panneau, mais tout le monde ignore qu’il s’agit du village d’Alain-Fournier et j’ai aussitôt décidé de relire le Grand Meaulne, avec Q. derrière moi. 

 

 

 

Et encore bien plus loin, je me suis arrêté : en Sologne, vers Marcilly en Gault, où ma tante Zaza m’avait souvent invité à la chasse. Forêts à perte de vue. J’en ai massacré, des faisans, sous ces pins et sous ces latitudes. J’ai même mis leur taule aux chasseurs Parisiens. Un peu grâce à Edmond, le garde solognot, des plus malins. Je n'étais pas " fier ", eut dit Chateaubriand et ça lui plaisait.

 

Puis je suis arrivé en Île de France. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a fait quelque chose. J'ai quitté l'autoroute après Rambouillet, comme le faisait mon père avec un instinct rare de la circulation. J’ai traversé la forêt, pensant à Hélène Morand, et j’ai fini par déboucher dans la plaine de Versailles, reconnaissant soudain les chemins que je parcours si bien à pied, et surtout ses routes à lui, Q. Un deuxième deuil, comme on dit. 

 

Soudain, j’ai eu la nostalgie de ces randonnées horizontales, de ces heures carrées, passées à crapahuter comme un forcené, transpirant, solitaire et dans un décor silencieux, l’an dernier, aux premiers jours de ma retraite. Ça allait. Je n’aimais pas vraiment ces paysages, mais ne sont-ils pas devenus les miens ? Ma vraie vie ? Mon long passé, mon triste présent, mon bref avenir ? Là, je me suis souvenu des rares fois (deux ? Trois ? Pas plus) où mon père était venu à Versailles, chez moi. Il avait pensé, dessiné, acheté et posé toutes les étagères de mon appartement. Plein d eplacards vides. Elles y sont encore ; les placards sont pleins. Surdimensionnés. J’étais anxieux à l’idée de les retrouver, ces étagères, comme sa porte de la cave, que personne n’a jamais pu fracturer. 

Elles étaient comme des témoignages. 

 

 

 Je me suis arrêté une dernière fois 5 ou 6 km avant Versailles, dans la campagne à l’air immobile : chevaux, peupliers, ciel bleu, silence. Colzas. C'est un vieux truc de légionaire, ça : " quand vous rentrez chez vous après deux mois de mission, prenez une dernière bière avant de sonner à votre propre porte. Au bistrot d'en bas. Profitez en pour prévenir votre femme. C'est à ça qu'on reconnaît un officier délicat. "

Puis je suis arrivé chez moi : résidence déserte. Ma fille T. était là, souriante et gaie, contente de me voir. Sur d’autres étagères, les livres que Q. m’a donnés : Proust, Goncourt, albums de la Pléiade. Sa photo, avec Kléber, son cousin argentin, en train de se marrer, de vieux papiers de famille à la main.

 

…Ces paysages ne sont-ils pas devenus les miens, chère & belle Clara, maintenant que mon père n’est plus là-bas, au Sud, à m’attendre, en me mentant toujours sur le date du retour, comme quand je partais pour le collège : 

- Tu es là en décembre... Ça fait deux mois ?

- Non, Dad. De septembre à décembre, ça fait au moins TROIS mois...

 

Ensuite, il faudra se lancer dans une véritable explication du texte de la chanson " Dès que le printemps revient ". C'est la plus belle, la plus vraie qui existe. La fille en organdi, les soirées qui se font chaudes, les anciennes blessures, le printemps. Et tout et tout. " ...Les filles sont jolies... "

2018, ou le RETOUR à A. : la chaleur provençale n'était pas celle du Sud-Ouest... 

Totalement différente. Plus forte, moins érotique. Ce fut donc par un soir comme celui-là qu'elle jugea bon de faire un point, de voir que tout était OK et de partir. Sans rien dire. " Filer à l'anglaise à 60 ans... Yes ! C'est comme de casser, vous savez, mon cher, ça rajeunit...". Et alors, pour ce départ - cette rupture programmée -, quelle légèreté, quelle souplesse ! Quels cheveux blonds et quel pas décidé ! Dans cette nuit à pizzeria... Quelle absence de sous-tif ! Quels T-shirt léger et quel pantalon, si vaporeux qu'on dirait qu'ils n'existent plus. Et qu'on s'en persuade d'autant mieux qu'on garde " le souvenir très précis " de ce qu'il y a en dessous. Rien. Pas de bijoux, pas de téléphone, pas de culotte, j'avais vérifié, et surtout pas de soutif. Juste la pure liberté, par un dernier chaud soir d'été, quoi. Les plus belles choses ont une fin. Même la moto, devant, participe  à cette sensation de LIBERTÉ ABSOLUE.

- Fin de partie, soir du 22 (?) juin 2018, 20h00. Elle avait un cours de guitare, ou bien, peut-être bien, un pot avec son prof de yoga. À suivre dans le dossier confidentiel S 14 ou S15...

 

1er GOODIE-GIRL ou La photographie comme AIDE-MÉMOIRE. Ce soir là, sur la Seine, Paris c'était Venise. Paris, soir de mai ../.. ...ET Venise, mon bel ami, ce sont des souvenirs de gondole, qui n'ont que peu de rapports avec la mer, si ce n'est que d'un côté comme de l'autre du bout du quai, là-bas - le quai magique et masqué, qui signifiait le bout du monde et de la fortune. "

 - ...Venise, mon Jeannot, c'est la ville des inconsciences ", Th Ch.

 

La photographie comme AIDE-MÉMOIRE

Ce soir là, sur la Seine, Paris c'était Venise. 
Paris, soir de mai ../../
 
Venise, ce sont des souvenirs de gondole, qui n'ont que peu de rapports avec la mer, si ce n'est que d'un côté comme de l'autre du bout du quai, là-bas - le quai magique et masqué, qui signifiait le bout du monde et de la fortune. 
 
"- ...Venise, c'est la ville des inconsciences", Th Ch.