JEANNOT, TOUS LES HOMMES QU'IL A AIMÉS

Jacquot : " Chauffe, chauffe, chauffe ! ...Chauffe Marcel ! "

" - Tu sais, Lino, si j'aime tant les hommes, c'est surtout parce que c'est pas des femmes" 

Jacques Brel, L'Aventure c'est l'Aventure. Que dire de plus ? Qu'ajouter à ça ? On a jamais trouvé plus réaliste, non ? Les gars ? Ça va les mecs, comme dirait Magdane ?

 
 

Dick Rivers. Dick Rivière partagea un temps (très court) la couronne de roi du rock franchouillard avec Johnny et M'sieur Eddy. le rock-à-la-papa. Mais Dick réussit moins bien qu'eux. Pourtant, Rivers, ça rimait avec meilleur. Sommet : Dick Rivers et ses YEUX BLEUS PLEURANT SOUS LA PLUIE. L'une des plus belles chansons de son histoire. De NOTRE histoire.

Mais quand Johnny est mort, on l'a pas entendu, Dick. Il était oublié. Ou il était malade. Ou il avait plus rien à dire. Dick était redevenu Hervé Forneri. de Nice. Et Hervé Forneri, dit Dick RiversDick, c'était un type formidable. D'abord, il vous apprenait tout sur la musique. Car, souvenirs souvenirs : depuis Nice ou Monte Carlo, sur RMC, c'était tout de même lui qui animait L'Àge d'Or des Tubes. Et qui me faisait oublier que j'étais dans les embouteillages du soir dur, à Paris... RMC, c'était un peu le Sud. Et puis, avec Dick, on était bien d'accord : Creedence, c'étaient les meilleurs.

" TES ZYEUX BLEUS PLEURANT SOUS LA PLUIE " : le titre n'existe même pas sur l'album, il est en piste 18 ou 19 sur... 16. Il n'est même pas cité. Et pourtant... QUE DE TALENT ! QUE DE BLUES !! QUE D'EMOTION !!!

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CAR VOUS VERREZ. On a besoin, parfois, d'un homme. On a besoin d'un vrai. Et Dennis Hopper est là pour ça, pour jouer le rôle, pour l'incarner.

 Il a quelque chose de Steve McQueen, de Franck Sinatra, de Lee Marvin, de Corto Maltese que nous croisons à tous les coins de rues sur ce site, à des endroits où les filles de joie que nous aimons tant deviennent comme qui dirait trop nombreuses, chiantes, envahissantes.

 

- Beaucoup de femmes, Monsieur, autour de vos rêves. Des Chinoises, en plus. Ou des Japonaises. Ou des Vietnamiennes. Enfin, je les confonds toutes. Elles sont toutes aussi belles et toutes aussi gentilles. Aussi juteuses. Après elle, il fallait au moins une beauté comme celle de Michelle Philips pour se refaire une santé mentale. Prodigieuse Michelle. Elle chantait - divine -, elle rayonnait Mama's & Papa's. Son Papa's s'appelait John et il fut un pur génie de la pop. L'oncle Keith l'aurait rendu addict en quelques prises. Voir ds Life. Survit dans un CD, le seul que j'écoute tous les jours.

 
 
- Trop gentilles, toutes ?
Oui, on les aime. Trop belles. Mais je sens comme un vide. Pas assez d'hommes.
- D'accord, je ne vais pas nier mes penchants. Mais pour les hommes, c'est l'amitié. Pour l'amitié, pour l'intelligence, et pour la bière. Jack par exemple. Tout le monde voudrait l'avoir pour ami. Dilection...
 

Jack Nicholson : incroyable. dans Easy rider : hold up. Désolé pour Dennis, pour Peter mais la messe est dite. Jack, pour la première fois un sage, sagement (?) disparu des écrans où certains fans trouvaient qu'il occupait trop trop beau, trop trop bien TOUTE LA LARGEUR, TOUTE LA HAUTEUR et surtout TOUTE LA PROFONDEUR DE L'IMAGE.

 

 

et juste après, Jack Kerouac, Jack Kerouac : énorme.

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Très beau, Jack, très beau Neal. Neal Cassady, 

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Allen Ginsberg (moins beau), Thimoty Leary : pas mal, pour le roi du LSD. Des loulous. Je les aime encore bien, mais c'est vrai, comme dirait Dylan, la contre-culture j'ai jamais trop compris ce que ça voulait dire. Ça veut dire peut-être rien ? Par défi, quoi, je sais pas, moi...Ginsberg... Je sais pas pourquoi, je le sens bien. Pas toujours le cas... Suis pas commode, certains jours.

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Mary Ellen Mark était une JOLIE femme née pour photographier des hommes et des vrais. Avec leur complément hormonal.

- Un conseil : Jack, deux jours maxi, trois. Mais pas plus. Il peut se montrer fatiguant.
- OUI.
- Surtout quand Marlon est là...

Mais doux Jésus, mais quel est ce petit sourire en coin, ces yeux coquins, ces jolies mèches, tout ça lancé au photographe dans une petite chambre de Niolon ? Se rendant à 50 ans coupable de délicieux plaisirs défendus, elle n'avait rien d’une Grecque, mais plutôt un visage, des yeux, une blondeur que seraient venus du nord. Je m’interroge souvent sur une photo bien particulière, car sur laquelle, littéralement, on ne « voit rien » : pas un sein, pas une fesse, pas un poil. 

La photo frustre un regard masculin (toujours trop concret), mais elle est très suggestive : comment sont ses nichons, sa moule, et – pour parler marseillais – sa pachôle, qu’elle frotte sur ces draps qu’ils ont si bien partagés ?

...A-t-il pris la photo avant ou après avoir fait l’amour ? Oui, que signifia ce sourire si complice ?

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ROYAL M, vue sur Ste Victoire et autres monts

 

AU MUSÉE DEMAIN ?

LONDRES 2009, je sais plus où, mais y avait aussi un Cézanne. 
Quelle est la plus belle pièce, la plus révélatrice : la dame plus très jeune ou le Modigliani ? Intense est la nostalgie de la dame, qui ne posera plus jamais. Immense la décontraction du modèle qui joue avec ses nymphes entre deux poses. Rêve-t-elle de travailler pour Modigliani ? Elle se dit peut-être qu'elle était aussi belle que la jeune femme du tableau, nue devant tout le monde mais célèbre pour l'éternité. Qu'elle avait le physique pour ça. Que c'est pas si dur de se balader à poil, surtout devant un photographe qu'elle connaît bien, et que finalement, ça ne l'a jamais gênée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Ouen l'hiver

Paris, sortie de l'hôtel, au petit matin gris. Au fond, le Périph'. Le bruit, les odeurs de mazout. Relents de café, la prochaine fois, je prendrai du thé. L'âcre impression d'avoir tout perdu, fors quelques SOUVENIRS. " Où est-elle déjà ? " Et de s'élancer sous la pluie en se disant que décidément, CETTE SAISON EST BIEN HUMIDE...

 

 

 

 

 

 

 

Triumph Spitfire du côté de Saint-Émilion

 

J'ai toujours aimé la Spit avec passion, auto qui reste abordable en prix, comme autrefois.

- Et tout le temps en panne, comme toutes les belles anglaises.

 

 

 

 

Marronniers

J'aimais aussi beaucoup cette descente vers l'USINE, que j'empruntais presque tous les matins que Dieu faisait. Certains matins, Dieu nous envoyait la neige, et alors, là, dans les sens province-Paris, c'était le bordel. Je jouissais : moi, Ø4, je savais conduire sur la neige et sur la glace, j'adorais ça, et eux, ils étaient perdus, minables, paniqués, ils avaient oublié toute leur arrogance de grands maîtres " Eh ! connard ! Et, connasse !! " de la place de l'Étoile. Les femmes en 4X4 oubliaient qu'elles en avaient une plus grosse que la tienne, qu'on venait juste de leur greffer avec leurs dollars de dentistes ou d'avocates. Cette place de l'Etoile, je l'ai toujours négociée comme sur la neige, mais tout shuss. En 04. Et les 75 se sont toujours levés du milieu.

BANON LA MAGNIFIQUE

Célèbre librairie du Bleuet, Banon. J'y fis des cures de livres, d'édition, d'images. 

Je fis en cette contrée une rafale de photos de nu avec l'incontournable Sappho, dans un cadre naturiste en diable; Banon, c'était d'autres paysages encore, qui rappelaient le bout du monde. 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

C'était aussi la grande maison silencieuse en les murs, où nul regard ne pénétrait que celui du soleil et où ils vivaient nus.

 
 
 
 
 
 
 
 
Et des siestes studieuses et des piscines jamais chauffées, même sous la nuit étoilée. Etang en été. Sexe d'homme flottant : testicules, verge, gland au grès du vent, des flots, de l'humeur du jour. Membre au fil de l'eau, bourses gonflées. Légèreté.
 
 

 

Maison de Banon. Une amie de Ruo : Yit-Zang ; la même patrie, le même sexe

Chinoise toujours. A Banon, voici quatre ou cinq ans, il y eut donc une troisième larrone, photographe à ses heures : Yit-Zang. 
Elle ne fit aucune difficulté pour se joindre à nous, et elle comprenait tout tout de suite. Un peu tribade, narcissique, exhibitionniste juste ce qu'il faut, avec son canon elle adorait photographier les sexes en général, et le sien en particulier. 
Ici, autoportrait dans un miroir. Fascinant de la voir regarder les résultats, méditer sur ce que ce joli plan de sa fouffe allait apporter au Monde.
 
- Elle s'imposa vite comme un autre incontournable témoin, et durant des étés banonnais entiers

MYTHE BAEZ, JOAN

 

 

Joan Baez "Chanteuse engagée" : BAEZ, le Mythe auquel je crois. Répertoire immobile et voix d'or : le premier résiste mieux au temps que la seconde. Qu'y faire ? Joan avance vers sa vieillesse impensable, en portant le deuil de notre jeunesse sur ses frèles épaules. 

- Photo bibi.

Les hommes que j'aime aiment souvent les femmes. Qui le leur rendent bien et qui savent le leur rendre. Elles font tout ce qu'ils leur demandent. C'est ça, l'amour ?

 

Interlude : on se repose de tous les coups de gueule de ces poilus.Les femmes aussi y ont droit, j'imagine. 

Les dieux sont les seuls à savoir pour qui pourquoi elle nous propose soudain un mont de Vénus parfait. Pas pour le plaisir des hommes, bien entendu. Mais eux, ils voient une belle " fente ", rien d'autre. Là, pas de doute, c'est une fille. Merveille de géométrie.

Cette photo du Pen Duick VI d'Eric Tabarly m'a toujours fasciné

Je ne sais même plus en quelle année ça se passait, mais il s'était pris une vieille taule, Éric Tabarly, dans une Course autour du monde. Le règlement, les Anglais, le bateau, la technologie (peut-être trop innovante), les budgets, tout... Mais pour Tabarly, hors de question d'abandonner, même si tout est perdu, même s'ils sont vingt équipages devant lui. Et sur la super photo, on le voit, Éric, à l'entrée du Solent, complètement largué peut-être, mais encore et TOUJOURS à FOND, blindant, forçant, martyrisant le plus beau Pen Duick de l'Histoire et ses équipers vaincus et trempés dans leurs cirés pourris. 

Aucune fille toute nue pour les accueillir, pour une fois, mais la capitainerie de Portmouth. 
Tabarly, ou la grandeur de l'homme. Après ça, y a plus qu'à mourir en Écosse.
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BERTRAND BLIER ; vous savez quoi ? Vous savez pas ? Regardez ses films, ça vous suffira, comme tout le monde.

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RETOUR à PANAME :

Qui que c'est, ton homme, ma caille ?

- Un dabe nommé Albert Simonin, ça te parle ?

- L'ancienne école de gisquettes mouilleuses dans ton genre ?

- Même après vingt passes, quand je pense à lui, je me branle encore. Les mecs en son genre, y me déchaînent la cramouille.

Image de Terry O'Neill : FRANKIE L'AIR MAUVAIS. Un demi siècle à le découvrir, j'ai mis, par hasard, dans un restaurant de Mougins. Quel type de talent ? Juste surnaturel, mon ami. Comme celui de Frank Sinatra - cravaté - qu'il photographie à la volée à un instant décisif de chez décisif.

 

Jacques Brel

L'ami, le frère, le pote, le copain, le vieux frère, le frère aîné ou cadet, c'est selon ; le compagnon, le collègue, le frangin, le camarade. Le marin, l'aviateur, le fumeur. 
Le chanteur. L'homme avec qui on va pleurer toute la nuit sur le sort que nous ont encore fait les femmes. Jamais je n'aurais été aussi proche d'un chanteur. Jamais homme n'a aussi fidèlement chanté et représenté son époque, et jamais, peut-être, homme ne disparaîtra aussi vite. Qu'est-ce tu veux qu'on en fasse, de ton monde, Jacques ? De tes jurons et de tes fanfares ? T'es quand même mort vingt ans avant l'arrivée d'Internet, Jacques. T'es comme Bobby Lapointe, quoi. Je t'oublierai jamais. 
Tu étais là la veille de la mort de Serge, à Forclaquier et j'ai découvert la veille de cette mort ta chanson FERNAND. Toi, 100 %. La messe était dite ? Il s'en alla discrètement dans la nuit. Il y eut ensuite ce 10 octobre 1978 : c'atait trois ans plus tard, et un adjudant de mes fesses entrait dans mon bureau et me ricanait : " T'as vu Brel ? " 

Je crois pas qu'il " sentait l'ail et le mauvais alcool", mais pire. Car à ton tour tu étais mort dans la nuit, Jacques, et tu avais trop insulté l'armée pour ne pas lui pardonner.         

Pour nous changer de Jacques, d'Adèle et des autres, un guerrier comme vous aimez, Lee Marvin. Il a oeuvré dans le Pacifique entre 43 et 45. Un gars membré et oublié, Lee Marvin

 
 
- Oui Monsieur. Heureusement, Lee. Because... Ça manque d'hommes. Vous trouvez pas, mon vieux ? J'ai ce qu'il vous faut en (chasseur de) prime : Steve McQueen.

LE PLUS BEL HOMME POUR LE PLUS BEAU COSTUME. 

Le top d'entre les tops, c'est un acteur stratosphérique en costume COSTUME-CRAVATE. Un acteur si possible sorti des bas fonds, comme Steve McQueen, père jamais connu, abandonné par une mère alcoolique. Faisant tous les boulots, réussisant, touchant au firmament. Mais en en faisant ENCORE PLUS pour aller encore plus haut. Deux heures de culture physique par jour. Roulant motos, Porsche 917, Jaguar, Ferrari, avec l'ami Claxton. le photogrape qui lui faut ? Attention : génie demandé. Nom : Claxton ; surnom, Clax ; prénom, William. Yes, rien ne vaut un costar sur mesure + une étrangleuse Hermès au moment de s'incliner devant Dieu-le Père. 
Ce que Steve fit bien trop tôt, voilà quarante ans déjà. Il n'y avait q'une seule solution : l'immortaliser, et merci, Clax ! Comme Alain Delon, McQueen appartenait à une autre époque : celle où les acteurs divinisés portaient des costumes. 

QUELLE CLASSE ! NON MAIS QUELLE PUTAIN DE CLASSE !!!

- Sinon, Steve supporte très bien l'absence de costume, et Tuesday Weld aussi. Dennis Hopper n'était jamais loin de Tuesday. Tous de types super. Des types sensass.

 

Steve pouvait parfois trouver la force de rêver, mais il aimait tout ce qui va VITE et on le REMERCIE. 40 ans l'an prochain que Steve McQueen s'est fait la malle, qu'il est mort d'un cancer soigné en dépit du bon sens, au fin fond du Mexique et de ses obsessions. Il y croyait. Il ne s'intéressait plus guère qu'aux vieux avions et aux plus puissantes bagnoles. Sa fille Terry l'a suivi, dix-huit petites années plus tard. Quand on le retrouve, Steve McQueen, photographié par William Claxton, sa guitare à la main avec sa bouille toute ronde et rigolote, on croit voir un amour. Mais ce qui faisait son charme d'une autre monde, c'étaient la collision brutale de ses traits presque féminins avec toute la violence qui montait en lui. Quand on vous a une bonne bouille comme ça, mon ami, on pèse pas 95 kg de muscles bruts. 

...Quarante ans, et on me dirait en se marrant "mais c'est qu'il est presque oublié, ton gars !" que je le croirais volontiers. C'était une autre Amérique, un autre cinéma, une autre époque.

Hollywood et ses dieux : salut l'artiste (il fait demi-tour, U-turn, il vous regarde une dernière fois. Il va revenir : " Faites comme si je n'étais pas là " nous dit Jean-Loup Sieff dans son livre posthume.

CLINT : 

Fait trembler les criminels et les jambes des femmes. Attention : Démocrate. Démocrate, mais pas commode.

 

Harrisson Ford

Quel âge a-t-il depuis qu'il était mon idole dans les années 80? Et Sean Connery, irrésistible à ses côtés dix ans plus tard.

TRIO MAJEUR ou BRELAN D'AS

Thatcher, Reagan, Jean-Paul II. 
LE PC EST MINIATURISÉ. Partout. 

 

 

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Comme si rien ne s'était passé depuis trente ans ! Et comme si nous n'avions pas pu, pas su, pas savoir être libres reprendre notre propre destin en main. Il en est de même pour l'Afrique : tous ses maux viendraient des pays qui leur ont rendu leur indépendance il y a plus d'un demi-siècle, après les avoir organisés mieux qu'ils ne l'avaient jamais été. Quel continent a-t-il vu son espérance de vie aussi vie depuis la nuit des temps ?
 

- Je en sais pas si les quatre joueurs de belote vont me reconnaître, Monsieur...

- N'en demandez pas trop, Mademoiselle. Une fille dans votre état, ça fait si longtemps qu'ils n'en ont pas vu qu'il faut leur pardonner : ils ne reconnaîtront plus personne.

Un autre guerrier vient de nous quitter.

Mais un guerrier différent, un qui n'a pas fait semblant et qui n'avait pas trop le temps de jouer aux cartes. Ni peut-être les amis pour ça. Un qui n'a pas fait des démonstrations à la télé mais du live à balles rélles. " CLAP DE F1 ", titre génialement Libé.

Un qui a été cramé dans sa chair, lui, vraiment. Andreas Nikolaus Lauda. Trois fois champion du monde F1. Créateur-fondateur de compagnies d'aviation. Expert TV universel en course automobile et F1. J'aime cette photo publiée par Libé qui titre CLAP DE F1. Une image qui signifie course, travail, terrain, compétence, fusion, souplesse, technique, hésitation. Réussite, souffrance. 

Il s'était cramé la gueule, Niki. Et il ne devait plus beaucoup aimer les photos, Niki. Surtout les siennes. 

UNE FEMME AVEC LES HOMMES

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Cet homme-là m'aurait facilement séduit, mon vieux. 

Cet homme, elle s'appelait Dickey Chapelle. Était-elle programmée pour recevoir des diplômes en jolie robe ou pour ramper dans les risières pendant la mousson ? 

 
Elle termina son voyage cramée dans sa chair. Dickey Chapelle, photographe. Photographe photographiée. Par Henri Huet. 
Elle   s'est morflé un éclat d'obus, sectionnant sa carotide. Juste une mare de sang. Je vois son chapeau de brousse australien, juste à côté qui me fait dire qu'elle ne portait pas de casque. Je ne sais pas. L'aumonier lui donne son ultime bénédiction.
On voit sa célèbre petite boucle d'oreille en perle, qui dit bien c'est une femme. En arrière plan, les GI's. Etonnés, sans plus. La Mort était ordinaire.  Même celle d'une femme. Pourquoi  pas une femme ? Il y a eu tant de femmes tuées, au Vietnam. 
Merci, Squal-photographie, qui dit à peu près (après coup rasoir d'Okam) : " Dickey décédée à 46 ans, 4 novembre 1965, alors qu'elle accompagne un peloton en patrouille / opération Black Ferret, recherche et destruction 16 km au sud de Chu Lai, province de Quang Ngai. Le lieutenant de la patrouille en face d'elle marche sur un piège à fil, composé d'un obus de mortier avec une grenade attachée au sommet de celui-ci. Chapelle est frappée au cou, un éclat d'obus lui sectionne la carotide. Mort de cinq membres de l’escouade. Son corps rapatrié avec garde d'honneur six Marines, on lui accorde un enterrement militaire traditionnel. Première correspondante de guerre à être tuée au Vietnam, première femme américaine reporter morte au combat. Une photo - tristement célèbre - d’elle prise par Henri Huet, qui laussi succombera à cette guerre gourmande en vies de photoreporters".
SOCIOLOGIE des NATIONS : Le Viêtcong avait tué sans regret un témoin de son propre martyre. De leur côté, les Américains étaient moins ennuyés d'envoyer une femme risquer sa peau que de la voir partager les chiottes avec leurs HOMMES. Surout quand il n'y avait pas de chiottes.
 
 

Ce coup là encore, Henri Huet s'en était tiré. Il connaissait tous les coups, ou presque, Henri Huet. Mais quand vint le foutu tour d'Henri d'être tué, avec tout l'équipage, + un photographe Japonais et Larry Burrows - véritablement, pour une fois, un seigneur de ce pays -, personne n'a jamais pu faire la photo du corps d'Henri. .

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" Putain de mort ".

 

 

Image associée

 

HENRI HUET & LARRY BURROWS

OUI : défunts seigneurs de ce pays qui fut celui de la photographie. Personne n'a jamais vraiment su pourquoi leur pilote avait voulu poursuivre l'hélico de devant, un hélico qui venait juste d'être abattu sous ses yeux. On a retrouvé les restes amochés du Leica de Burrows trente ans plus tard.

À force de traîner ses yeux dans son bourbier, on s’en ferait comme une spécialité. Essentiellement grâce à la photographie de reportages : ère unique dans sa propre histoire. Elle nous fait connaître les "dominos" de Kissinger, mcnamara, Kennedy (NB : si beau, mais si détesté par certain correspondant US de terminale, mobilisable), les soviétiques, l'Oncle Ho, les journalistes d'alors, les chiffres, Nixon, le VC, les Marines, leurs armes, et surtout, les Vietnamiens. Ce qu'ils ont supporté est proprement effroyable et ce que nous pourrions vivre un jour pourrait-il y ressembler ? 

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Photos Henri Huet. À dr., Horst Faas. Les viets : Voilà des gens qui vivaient dans le moyen âge, certes, mais aussi dans une paix totale, une harmonie infinie, une nature vierge, une économie auto suffisante, un coup de riz, un rien d'opium. Un amour familial et patri/matriarcal d'un autre monde. Notre administration ne leur allait pas si mal. Leclerc avait vaincu au Sud, il s'était imposé au Nord. mais d’autre hommes sont venus chez eux du bout de la terre, et ils ont tout détruit. Pulvérisé. Depuis la France, les USA, et surtout l'URSS ou la Chine, ils ont bombardé le port d'Haïphong, leurs villages, pulvérisé leurs cités impériales ou pas, labouré leurs cimetières, ils les ont a ruinés (alors qu'ils ne possédaient rien), ils ont piétiné leurs autels, rasé leurs forêts et exterminé leurs enfants au napalm, les villages compris avec leurs habitants dedans. De son épouvantable côté, leur peuple divisé a vécu de représailles, il a été sur-sacrifié, il a massacré les populations civiles, fait du terrorisme un quotidien,  et exterminé des opposants par centaines de milliers. Millions. Et nos belles âmes, pourtant si férues de vérités, n'en n'ont jamais trop parlé. Don McCullin, qui a passé là-bas des années à photographier en se faisant tirer dessus : "tout ce pays saccagé, toutes ses vies brisées, tout ce courage - tout ça pour rien". Notre peur est simplement que nous arrive la même chose. Voilà tout. Peu probable, mais les Vietnamiens ne vivaient-ils pas en paix ? Les villageois d'Afrique noire aussi, les Arméniens aussi, les Indiens d'Amérique aussi, pour l'éternité (quoique…) ?

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30/12/2016 - Henri Huet et Larry Burrows. 
Ils partagent au Vietnam la même tombe inconnue. En relisant les livres photos magnifiques - cathédrales éditoriales - d’Henri Huet et d’Associated Presse (AP, Horst Faas en particulier) sur la guerre du Vietamn, on reste impressionné par la qualité des images, un demi siècle plus tard. Q  : la recette ? La formule magique ? Comment furent-elles prises ? Photographes : travail, passion, risque ; amour. Matériel : Nikon F d’abord, Leica ensuite (mais si une note rectif inventaire suite dc Huet réclame le remplacement de ses Nikon, elle juge inutile celui du Leica + 35mm). Pellicule : Tri X, soit 400 ASA (ISO). Développement quasi industriel des négatifs, tirages, envoi. Point à la ligne. Aucun retraitement des images, aucune retouche, aucune rectification sur photoshop, etc. : tout le monde est à égalité, chaque photographe voit, prend, rien ne modifie a posteriori son témoignage. Ce qui engendre une production objective, mais surtout stable, régulière, constante, d’images. Le mot qui convient est : impersonnelle. Impersonnelle implique que le photographe passe après le sujet, et stable signifie que l’œil du lecteur construit ses repères, puis s’y habitue, regarde au delà de voir, et finit par comprendre. Rien, aucun trucage ne le séduit, distrait, trompe. Le photographe dit simplement : « J’ai vu ça, c’est important ».
 

Le seigneur de ce pays : David Douglas Duncan

DDD. Ike Fenton
 
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