Journal & noteS - Philosophie photographique

À ne lire que si on est très, très PATIENT(e)
 
 

Février 2019 : 

- Alors, mon ami, finie, la photo ? 

Parfois, tu te dis que oui, c’est fini. 

Que fini, super. J’y arrive plus, je fais plus rien, rien de bon, bon. Je délaisse mes appareils, je suis plus sur tous les coups. Fini. Y a plus la motivation. Plus les moments, les sujets, les voyages, amis, circonstances… Plus le public, non plus : les diaporamas, ça voulait dire cinquante ou cent personnes qui voyaient mes images, au lieu de deux ou trois… Plus trop d’occasions : et moins on fait de photos, moins on a envie d’en faire. On se met à la retraite pour tout, faut croire. Même si sans un appareil, je me sens tout nu, retourné vivre dans le plus simple appareil. Et puis, on perd la main : un Leica R8, ça pèse lourd, ça fatigue, c'est fou. Et pour finir, on se démotive, on ne voit plus trop pourquoi on essaierait de pourchasser ce temps bien inutile. Je ne fais plus que des images par accident, par désir de mémoire, pour rendre service. Jamais je ne pars « faire des photos ». 

OU LA PHOTO TU TE LA JOUES CLASSIQUE-CLASSIQUE

 

LES PAYSAGES DE MON PÉRE MÉRITAIENT BIEN DU KODACHROME 25, LE FILM DIAPOSITIVE DES ANNÉES QUATRE-VINGT. NB : 75 ANS DE VIE POUR CE PRODUIT. En résumé : AVANT 2004 (ou : avant le numérique) c'était trois ou quatre Rembrandt par mois. En 2018, j'ai compté : c’est 48 photos en cinq mois, contre deux cent en 2017. Et alors, la photo numérique m’aura dégoûté par un simple effet de bord : elle a tué l’argentique en ce sens qu’il n’y a plus moyen de faire faire de bons tirages. Et que ce qui provient des scans est ignoble. En fait, ne restent que les diapos. La diapo, c’est : prise photo/image/scan, dans l’ordre et non pas photo/scan/image. 

- Pas du tout pareil. Bien, la diapo. Mais un prix multiplié par dix en dix ans ? OU LA PHOTO " FALLAIT VOLER LE TEMPS DE STOPPER AU BORD DE LA ROUTE DE LA BRILLANNE ".

Quinze ans de numérique, bilan, situation, point : on sélectionne toujours un gros tiers de photos argentiques en fin d'année. Les meilleures, de loin. Il n'y a pas à hésiter. Elles s'imposent. 

Comme celles IMMORTELLES d'ELIOTT ERWITT et de ses deux Présidents of the United States. Comment qu'il fait pour se placer comme ça, Eliott ?

Image associée

Dieu roule en Leica M. Hélas, un jour Eliott retrouvera le plus beau Président du Monde, mais il sera mort. OU LA PHOTO HORS DU MONDE = ELIOTT

J'ai tout de même sorti deux albums l’an dernier, au lieu d’un, et ils ont eu du succès. Oui. Mais y a des jours où il ne me reste pour me motiver que mes Leicas, M3, M6, R8. …La technique, toujours la technique… Peut-être que c’est elle, le frein ?  

 

…À moins que : arrêter « d’avoir envie », l'envie de s‘exprimer, de raconter des histoires, de faire rêver comme ce fut le cas pour l’écriture, le roman, à la fin des années 1990. Faire, rêver ou raconter ses rêves. Ça doit être plutôt ça.

 

Si la loi française sur le droit à l'image avait été votée en 1900, nous n'aurions connu ni Cartier-Bresson, ni Izis, ni Boubat, ni Doisneau, ni Ronis. Ni même Léon-Claude Vénézia : car ils ont photographié les GENS. La législation française actuelle aurait exigé ce paradoxe consistant à devoir mettre quinze jours à obtenir l'autorisation de faire une photo prise en un millième de seconde. Les meilleures des photos du nu sont argentiques. Regardez Dahmane et ses confrères. regardez Soulclos.

"LES AMÉRICAINS" de Robert Klein :

Résultat de recherche d'images pour Éditeur, ROBERT DELPIRE : le plus beau livre de l'histoire de la photographie. Le livre dépassant les - exceptionnelles - photos.

MINOX 35 GT 

Mr. SOULCLOS IS ALIVE, MAIS SES MARRONNIERS SONT MORTS. 

- Le meilleur appareil c'est celui que tu as sur toi, mon ami ! OU LA PHOTO UN RIEN COUP DE POT MAIS PAS TANT QUE ÇA

À condition de ne pas AVOIR PEUR DES MOTS, il faudrait avoir la patience de se livrer à une VASTE ÉTUDE thématique, sociologique, sémantique et/ou parolière, littéraire et bien sûr, MUSICALE des VARIÉTÉS qui passent sur nos foutues ondes. On en saurait beaucoup plus sur l'état du moral des Français qu'en leur demandant par le biais de l'IFOP ou de la SOFRES s'ils sont heureux, contents, libres, stréréotypistes, non racistes et/ou non homophobes etc. Bien plus qu'en en tirant des statistiques chiantes (" les chiffres ne produisent que des chiffres ", écrivait Chateaubriand) et bidonnées. Frappant de voir la joie qui régnait dans les années 70, et la déprime depuis les années 2010. Il suffit de se livrer à une explication de textes. Tout ça, sans raison : le niveau de vie à augmenté (oui, mais le niveau de la télé à baissé). En somme, un match JO DASSIN contre le RAP. Constatation valable pour la France, mais aussi pour les autres pays aussi (je cite la France pour être compris par tous, un peu comme on raconte chronologiquement).

J'ai mémorisé un réglage spécifique sur mon boîtier, un réglage " dégradé " : - 2 en netteté, - 2 en contraste. 

Ces deux moins 2, sur le plus doux des réglages, celui des " portraits ". Ainsi, je me rapproche de ce toucher argentique, que j'avais égaré dans le course à la netteté absolue et chirurgicale et stupide des appareils numériques sans joie d'aujourdhui.
 
NB : je préférai donc la douceur "joyeuse" de l'argentique, mais n'était-ce plutôt pas le type de photo de mes jeunes années, que je recherchais, confusément ?
 
Photo merdique prise à l'iPhone ? Mais, Monsieur, le meilleur appareil, c'est celui qu'on a toujours avec soi, dans sa poche. La taille de l'appareil dépend de celle de la poche. Et pas le contraire. Un carnet de notes, votre appareil photos, voilà ce qu'il est : un carnet de notes.
 

QUESTION STYLE QUANTITÉ : Mais que va-t-on faire des infographistes qui ne veulent pas travailler ?

- Je n'ai jamais vu une profession aussi peuplée d'amorphes personnages.

Le temps de la montée en puissance d'une photo

Avec le temps, une photo s'impose. Mettez la  dans un cadre, sur un mur, dans un pêle-mêle, un an après, loin d'être lassé, vous ne pouvez plus l'enlever, la jeter. Vous lui avez entre temps découvert mille vertus. Bizarre.

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SISLEY : neige à Marly-le-Roi : hors du monde. Matisse a raison : avec Sisley, c'est un moment du paysage, avec Cézanne c'est un moment de l'artiste. 

D'où l'effondrement de l'art au XXème siècle : chaque "artiste" y exhibe ses "moments", ses soucis, ses tourments. Bref, sa vision du monde plutôt que le monde lui même (relativisme ; l'artiste divinisé par les marchés, qui furent et sont encore sa seule conquête). Le bonheur de revoir si bien rendus par Alfred ces montées, ces descentes, villages, bords de Seine ou du Loing que je connaissais si bien. Des couleurs bien mieux conservées que ses confrères Monet, Pissaro, ou surtout Renoir. Méthode : regarder de TRÈS près, presque en louchant sur le tableau. Petite tache jaune par petite tache jaune : divin. Je regrette seulement l'absence de vie, de portraits. 

- Le meilleur appareil, c'est le plus simple, mon amie. 

NUE ? Naked. Cette image de vraie brune, c'est au 50mm ? NON, et peu importe. C'est Dahmane l'incompris. La photo, ça se pratique avec toujours le même appareil, toujours le même objectif à FOCALE FIXE. Comme la chasse : toujours le même fusil. Pourquoi ? Parce que s’il change sans arrêt d’appareil ou de focale, le photographe ne sait plus où se placer. Quand on voit une scène, on y va, on l’attaque. On ne demande pas à l’appareil de nous amener jusqu’à la scène, avec son puissant zoom, par exemple. Un appareil à zoom évite de se déplacer. C’est un appareil de spectateur. Avec une focale fixe, on fait des photos d’acteur. On annonce : « - Ça, je le regarde comme ça ». Et on y va. Changer sa focale, c’est changer ses yeux. On ne change pas de regard. Un Leica M6 et un 35mm, terminé. OU LA PHOTO DE LA FI-FILLE SYMPA

 

IMAGES SOUVENIRS-POUR-TOUJOURS

Bernard G, taillant ses carignans, au Tholonet. 

Arrivé d'Italie, Coni, Piemont, avec sa femme Marie, Bernardo fut tailleur de pierres et travailla pour le restant de ses jours face à Sainte Victoire, comme un vignron de Virgile. Bernardo vécut en paix, toutes ces années là. Mais le moment dont il se souvenait le mieux dura moins d'une minute : le temps de la rafale de mitrailleuse allemande qui abattit une poignée de " partisans " à moins d'un kilomètre de son cellier immémorial.

 

CHILI CHILI : AÏE LE LIBÉRAL !!! La photo qui fait peur et qui est faite pour ça.

LE GARS politiquement incorrect. Joli travail d'une agence photo française débutante : Gamma. Raymond Depardon et Chaas Geretsen y étaient. Finalement, par certains côtés, nous nous trouvons un peu dans la situation du Chili sous Allende : on oublie. On oublie trop souvent qu'Allende avait été élu avec un petit 1/3 des voix, que ça ne donnait pas le pouvoir absolu. Mais Allende se souvenait trop de Lénine et il eut moins de chance. Il devint après sa mort le recordman envié du baptême des salles polyvalentes dans les municipalités de gauche, et non pas le recordman des victimes de révolutions. 

Un petit tiers des voix, comme dirait Raimu, avant de se lancer des réformes encore plus extrémistes que tout ce qu’il avait promis, gouvernant bien plus à gauche que ce qu'il avait dit, tansformant le Chili en champs de ruines collectiviste. Voilà où vous mènent les minorités visibles. Forcément, ça s'est mal fini. Pinochet - qu'il avait l'air de ne pas redouter, car en arrivant au pouvoir les marxistes sont toujours tès heureux d'être protégés par une armée loyaliste - est arrivé. Comme Zorro, mais pas commode. OU LA PHOTO RIEN DANGEREUSE

Il est arrivé avec Milton Friedman dans ses valises. Plus Nixon ? L'affreux Friedman a effectué une expérience rare, digne de Lénine : il a mis ses idées en pratique. Et au lieu de quelques dizaines de millions de morts, le résultat a été la résurrection du Chili. OU LA PHOTO DURE ON DIRAIT C'EST EXPRES.

- On ne le lui a pas pardonné, à Milton, en France ,et on est pas prêt à lui pardonner.

- J'ai croisé ensuite pas mal de Chiliens et de Chiliennes (filles magnifiques), jamais aucun d'entre eux ne regrettait Salvador Allende. Le mari d'une Chilienne, juif, admirait même le départ de Pinochet, dictateur quittant calmement le pouvoir après des élections qu'il avait organisées, et qu'il avait perdues. C'est vrai. C'est aussi carrément " Impossible à expliquer à un Français ", d'après un ami chef d'entreprise là-bas, lui-aussi marié avec une jolie Chilienne. " - Impossible. C'est même pas la peine d'essayer ".

Une erreur commune est de penser que la CULTURE a toujours eu besoin d'argent

Il faut être Français pour croire ça. "L'exception culturelle" est un coûteux non sens. Les hommes et les femmes qui FONT LA CULTURE - son CONTENU - n'ont pas besoin d'argent. Ils n'ont jamais eu besoin d'argent. Mais de travail et de talent, oui. Autour d'eux gravitent des centaines de milliers de personnes qui ont besoin de fric, c'est vrai. Mais ce n'est pas le cas des écrivains, des artistes, des musiciens. Les joueurs de blues en furent la preuve éloquente : noirs - nègres -, ils étaient pauvres et déambulaient aimablement sur les routes du Sud pour quelques dollars et un bout de matelas. Si donc l'argent disparaissait des circuits de création musicale (ce qui risque assez d'arriver), les Noirs continueraient à jouer de la musique. Et il y aurait toujours autant de Kérouac de génie et en herbe pour les chanter. 
Et de Gary Winogard pour les photographier. Le "marché" de l'ART (où le contribuable français, depuis Malraux, est l'éternel cocu) est partout où l'art ne se trouve pas. C'est une évidence, mais je ni le temps, ni le talent pour l'expliquer. Quel est le budget prise de vue d'Eliott Erwitt ? Sûr, Paris a bien dû le taxer sur la Tour Effeil...
 
 

IMAGES SOUVENIRS-COMME ÇA : " Nous avons décollé vers les huit heures du matin de Gap-Tallard..." 

Nous nous sommes posés à St Cyr l'Ecole vers 16h00, soit huit heures pour faire huit cents kilomètres. Un peu moins vite qu'en voiture. Oui, mais nous avons connu les contreforts du Massif Central, contre lesquels nous avons failli nous écraser. Nous avons connu l'aérodrome de Moulins-sur-Allier vers midi, mi août, quand le Bourbonnais fait la sieste et que même les selfs ne sont pas ouverts. Nous avons connu... Nous avons connu ce que c'est de se perdre, quand avec une carte Michelin ça se serait très bien passé. Nous avons connu la sensation d'être sourds, mais heureux. Nous avons connu la gueule de Paris-Banlieue, vue de 6000 pieds, posée comme un petit tas de béton en plein milieu de la Brie de la Beauce.

MORT DE L’ART ? De quel droit le sinistre Pietr Mondrian sonnait-il - par écrit - la fin de l’Art, son décès, cette anodine nouvelle sur de simples impressions personnelles ? Qui est-il, Pietr ? Comment l’Art pourrait-il mourir avec quelqu’un d’aussi ennuyeux ?  Qu’a-t-il produit de mieux, Mondrian, qu’on ne fasse avec PowerPoint, ou même Word ? Lignes, carrés, couleurs opaques, jaunissantes, un peu sales. Bof. Mondrian a pu sonner la fin de la vie artistique de Mondrian, ça oui. Mais on s’en fout. En termes de résultats, Mondrian ou Kandinsky ne valent pas le dernier des étudiants sorti d’un BTS d’infographisme. Ils ont beaucoup écrit, ils auraient mieux faire de peindre. A l’expo YSL du petit palais : YSL et Pierre Bergé, constatent, prophétisent la « mort » de la haute couture, sur fond de bal à la Giuseppe Tomasi di Lampedusa, et en toute simplicité. La cuisine a plus progressé que la peinture, au XXème siècle. Je le sais, parce que quand je vais à l'Hôtel de Caumont, Aix-en-Provence, je suis beaucoup plus satisfait du restau (salades, un verre de rosé) que des expos. Et comme je DOIS aller voir toutes les expos, au moins je sais pourquoi je suis indifférent à l'Art Contemporain. Kandinsky, Chagall, Miro, Picasso, & C° : grotesque.

C’est devenu une manie, ce réflexe : « - Après moi, c’est fini ! ». On entendrait aussitôt se désespérer la foule consternée : «  - Mais non mais non, ne partez pas ! » 

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Si, si, vous gênez pas pour dégager la piste (de danse).

Lampedusa : nulle petite princesse scicilienne filmée par Visconti dans le bal du Guépard n’achetait ses robes dans une maison de haute couture. …Prophétie d’une extraordinaire banalité : car il est évident que les progrès techniques et l’égalité économique, multipliés par l’amour universel des tenues pratiques laissent peu de chances aux artisans à 100 000 € la robe (+ chapeau ?)… Bien sûr, YSL a dédié une robe à Mondrian. Pas facile à porter ; pas très sexy, non plus ! Le Guépard « principone » n’aurait pas pris un grand plaisir à l’enlever, de ses grosses mains léonines, à sa belle amie des bas fonds de Palerme.

IMAGES-DES-AUTRES, LES GRANDS SURVIVANTS : " Il y a un gars... Un gars, un grand, que j'ai peut-être approché. Willy Ronis..." 

Willy a donné dans le simple, le noir & blanc, le vivant. L'épuré si épuré que même les filles semblent pures. Nous devons avoir le même cahier des charges : une chambre, un lit défait, une fille. La FILLE : nue, naturelle, parfaitement impudique, très, très souriante. Soit un CdC d'un autre temps. 

Que de la lumière, quoi. Que la lumière soit, d'ailleurs. Allez, je me découvre : voilà ma réponse-photo. Mais l'érotisme a-t-il un âge, Willy ?...  

Et Eliott Erwitt est-il le plus grand photographe vivant ? Il est le plus drôle et prions pour que les dieux nous le gardent : il est né en 1928. il y a encore Bruce Davidson. L'homme aux livres. La photo peut-être moins... PERCUTANTE, mais l'ensemble... L'ensemble... Superbe. 

On the road : Fanny Wallendorf continue à traduire Neal Cassady et Jack Kerouac, définitivement les principaux personnages. Fanny : curieux prénom pour une fille de l’Est. 

Image associée

Retrouvé sa photo sur le web : pas mal du tout, la minette, à peine 40 ans. Je me sens comme tout gêné, de la laisser cette jolie jeune femme en la compagnie de ces deux obsédés, qui sont devenues mes VRAIS potos : « C’est pas des gens recommandables, Mademoiselle… Mais de vrais gentlemen, ...oui. Des gentlemen, quand même »

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NEAL MON AMI ! Sensation assez particulière que d’avoir ces amis morts il y a un demi-siècle, dans cette fascinante période, celle de la contre culture des années soixante. Partons de la seconde guerre mondiale, un peu d’Indo, mais surtout les années rock (50), pop (60-75), mouvements beatnik et hippie, guerre du Viêtnam. Documentation énorme sur cette période, surtout en livres photos. On croise alors des gens à part, furieusement créatifs aux USA. On croise Jim Morrison et les Stones ou Marcuse, Martin Luther King aussi bien qu’Hannah Arendt et sa désobéissance civile. Puis leur échec (le mien ?) plus que programmé. Déjà, la France n’existe plus (Brassens, Brel & C°, Barbara : qualité de chanson unique dans l’histoire).

"QUAND JE PENSE à TOUT CE TEMPS où j'ai marché qu'à la bière et aux chattes, quel gâchis !" (McMurtry)

DROIT : Apple et FBi : Apple aurait refusé de donner au FBi la clé de cryptage de l'iPhone 6 d'un criminel recherché, au motif que "le FBi risquait de réutiliser le processus de cryptage à tort". Une société privée (Apple) traite donc d'égale à égale avec la police USA. Comment tu appelles ça en droit français ? Dissimulation de preuves ? Complicité de meurtre ? Entrave à l'ex de la Justice ? Pas aux USA : le FBi a réagi à l'américaine : il a demandé à des hackers de craquer l'iPhone. 

MAIS DIEUX QUE LA PROVENCE EST BELLE ! Mais souvent, ce sont Eliott et les Américains qui ont écrit notre vraie histoire

Émission TV sur la Campanie :

 Du coup, reçu des nouvelles d'un poète qui avait tenté de sauter sur ma femme. Elle l'avait foutu dehors, à l'époque : bien. Mais j'ai aujourd'hui, sans jalousie, farfouillé sur Internet. Conclusion : il a bien vécu, ce poète. Présent sur le Web, Wikipédia, Google, etc. Bon, Wiki, c'est sans doute lui qui s'est tout rédigé sur lui, objectif et sans vanité.

 

IMAGES REUSSIES D'UNE VIE : L'IMAGE, LA VIE, LES SOUVENIRS, & LE RESTE : l’image télé (écran plat, même pas récent) plus nette et plus lumineuse que l’image réelle : saute aux yeux quand les personnages sur l’écran ont la même taille que ceux dans la pièce. Donc le réel est flou, et l’irréel plus net que nature. D’où probablement la vérité supérieure du noir et blanc, de l’argentique, avec leur faible profondeur de champ, et une vaste gamme de gris, dégradés, etc., opposés au numérique, chirurgical. 

 

Photo-nature ? Merci Dahmane. On n'en parle jamais, de lui. Dahmane, il est pourtant excellent. Il doit déranger... UN BRIN trop obsédé ? Vraiment ? Les Arabes seraient dans le fantasme, d'après mon modèle chéri.  

- Moi aussi ! Solidaire !! La preuve : c'est moi le printemps ! Arabe ?

AUTOMNE FATAL : 2013

- Au cours de mes repérages de balades pédestres, dans un petit village des Yvelines, chômeur, je suis tombé sur la PLACE BOB MARLEY. Stupéfaction ! Je suppose qu'un conseiller municipal nostalgique, forcément soixante-huitard, écolo et rien camé, avait insisté pour ce souvenir du Maître. Maître-chanteur qui n'avait plus droit qu'à une malheureuse stèle en herbe microbulle, les indigènes du 78 n'étant sans nul doute que fort peu portés sur le reggae.

2017/07 : la saison des PANAMAS qui revient 

J'en portais un neuf en Ariège, au mariage de la fille d'une amie disparue. J'aimais ces chapeaux fragiles, légers, assez coûteux : ils me donnent l'air d'un vieil homosexuel à demi ruiné qui s'en va mourir à Venise ou à Vienne (...Autriche !). Ma barbe craquante n'y est pas pour rien, mais je la réserve à ma petite-fille, ma délicieuse Jenny, qui tend une main tremblante et gourmande vers mes maigres joues dès qu'elle me reconnaît. 

Proust (voir notre photo) rencontrant James Joyce dans un taxi : ils ne se dirent RIEN. Evoquant les cubistes, futuristes, dissonants, etc. dans la Recherche, toujours rien. 

Proust cite, mais ne commente pas. Puis cette phrase définitive, qui anéantit le surréalisme l’art « contemporain », p424 : « quelque chose d’aussi hasardeux et par là d’aussi dénué d’intérêt véritable ». Démocrite l’avait déjà Un détail : B Blier fait rentrer le décor laid dans ses films.

Un détail : BERTRAND BLIER fait rentrer le décor laid dans ses films. Laid, non pas par réalisme à la con, façon ciné italien ou série télé française, mais par réalisme magique, un peu comme Gabriel García Márquez. Le prolongement du décor laid, c'est le tag, le street art. Incontestable : en 2017, on se déplace dans un décor laid. Malgré le génie incommensurable des "ABF", les staliniens Architectes des Bâtiments de France. Mais les femmes tiennent enfin leur revanche : la cuisine est supérieure à la peinture. La preuve ? Y a pas d'art contemporain en cuisine. Zéro cuisine "contemporaine". La Révolution, ça va cinq minutes, mais pas chez Bobonne. 

En France, le mot même de "libéralisme" a effectivement fini par devenir un symbole d'horreur et de scandale. Une partie significative de la presse ne l'emploie du reste que dans un sens péjoratif, comme s'il recouvrait le mal absolu. Le néologisme journalistique "néolibéral", qui recouvre une réalité toute différente de celle du libéralisme - un vrai hold-up sémantique - enfonce dramatiquement ce clou rouillé. Evidemment, l'église catholique au rôle primordial regarde le vrai libéralisme d'un oeil plein de méfiance. Est-ce parce qu'il diminue le nombre de ses chers pauvres ? Ainsi va le vocabulaire, transformé pour des raisons politiques : "révolution" est synonyme de gloire, malgré des millions de morts fort concrets, tandis que libéralisme, individualisme (transformé en "égoïsme" pour les besoins de la cause) et "courage" sont voués aux gémonies. Le dernier mot à être flingué étant "travail", par certains candidats en mal de voix. Candidats peu libéraux.

« Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude ». Cézanne. Citation à la base de l’Art moderne. - Jamais rien lu d’aussi CREUX. Je me trompais, et ça fait 50 ans que je le proclamais, et qu'on me trouvait très brillant. Y a comme ça, des idées si vides, mais qui sonnent si plein…

Je contemple ma bibliothèque. De PLATON à HEIDEGGER : superbe. Mais – à vrai dire – je ne me souviens plus très bien de ce que j’ai lu. À vrai dire toujours, la lecture, c’est d’abord un plaisir. Un moment agréable, musical, poétique, épique, sentimental, étonnant, plein de suspens ; symphonique. Après, c’est des idées. Des « visions » : celle de la femme par Stendal, par ex, ou Flaubert.

 La lecture, « ça sert quand on attend », disait sincèrement mon oncle H, l'Argentin… Peut-être n’a-t-il pas si tort que ça ?

 

Ce qui compte, à mes yeux de VOYEUR PUR ? AVOIR ENVIE. 

" - Il n'y a pas que les chattes, dans la vie, mon ami ! Y a aussi les fesses ! Ça compte, les fesses ? Rien de plus beau.

 
OUI. ici, les fesses sont slaves. si ce n'est pas la beauté pure... Les couleurs, les gris, les lignes, les ombres, les valeurs de noirs plombés ou pas, ni les équilibres, ni la perspective, retrouvée ou détruite ; ni encore le fine art, l'Art pour l'Art. Non. Et ce n'et pas le gynécologique, non plus. 
Non. On ne refuse personne, mais ce qui compte :
...C'est une fille nue et qui donne envie. Qu'on s'y croie. Dans son décor. Son lit, sa douche. Qu'on s'y voie. Que le lecteur se voie lui-même. Avec la fille. Parce que comme ça, ce sera gagné, mais gagné concrètement. C'est une simple formule de maths qui permet de tout faire et de tout comprendre. 
 

Les photos de nu, ça vous dépend des goûts

 A mes yeux, le mieux, c'est dans de petits hôtels de Bagnolet ou de Montrouge que ça se passe, que c'est le plus sexy. J'y ai fait mes débuts avec une nommée Véro, modèle d'expérience, une fille qui savait poser.  

Plus il fait gris dehors, plus les tapisseries sont moches, plus le corps de mon modèle - de ma duchesse, ces jours-là - paraît beau. J'aime bien ça, ça fonctionne toujours, avec moi. J'aime les filles toutes nues, mais encore plus quand elles sourient. Autrement dit, je suis de la vieille école. Ça serait ça, mon testament, après cinquante berges de clic-clac, merci kodak. 

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2018 : FEMMES, OUI/NON : le niveau des féministes constitue la meilleure illustration des problèmes des femmes. Une illustration ONTOLOGIQUE. Problèmes regrettables, problèmes regrettés.
 

Acht ! Helmut !!

Merci. Mais chacun ses fantasmes. Qu'est-elle devenue, Véro ?  Et où sont donc passés les fils torrides et drôles, d’Helmut Newton, de JF Jonvelle et de Willy Ronis, comme de John Sturgess et de Will Santillo, ou de Mappletorpe, et même de… Lui, etc., etc., etc. ? Ils ne sont jamais INNOCENTS. Quand on fait poser un modèle, il y a toujours une tension. Comme un instant trouble, indécis, une complicité, qui s’arrête bien vite – heureusement – mais qui a bien existé. Souvent, c’est le souvenir même de ce moment, qu’il va falloir faire vivre pendant une heure, une heure et demie… Aucune femme n’est qu’une œuvre d’art, aucun photographe n’est qu’un artiste. En fait, à certains moments, on peut se demander si, quand on voit une photo de nu, l’important n’est pas ce qu’on imagine ce qui pourrait se passer AVANT et APRES. Avec ce choix de photos, c’est simple : APRÈS, les modèles sont allés chez le coiffeur.

Je viens d'acheter un pantalon neuf. Lévi's. Ça fait 50 ans que je porte les mêmes pantalons. 

RdTP, p703, Proust, à Cabourg : "Il y a avait des femmes d'une extrême élégance, dans une lumière humide, hollandaise, où l'on sentait monter dans le soleil même le froid pénétrant de l'eau…"  

Proust connaissait-il Pamela Des Barres ? Qu'aurait-il pensé d'elle ? 

Mais surtout, ne donne-t-il pas envie de partir pour Amsterdam, voir des Vermeer de Delft ? 6h00, insomniaque, plein de courbatures, je relis Proust dans mon salon. C'était l'heure où il se couchait. Dans cette page 703, je réalise à quel point sa vision de l'art est pénétrante, parlante, et politiquement originale, incorrecte. Il faudrait faire un livre là-dessus, à défaut d'en parler, ce qui exige de trouver un interlocuteur, ce que je n'ai plus ici, à Aix. Qui est "Elstir" Le peintre Helleu, pour partie. Mais surtout un critique d'art, pas un peintre. Aucun peintre ne parle aussi subtilement qu'Elstir, avec une telle clarté, un tel vocabulaire. Proust a des remarques magiques sur le monde de l'art. Quelques lignes plus tard, Proust évoque Carpaccio, ce qui me semble être une erreur monumentale de sa part : il ne parle pas de Carpaccio, mais bien de Canaletto. Canaletto a bien peint les joutes nautiques de Venise et le Bucentaure, tandis que Carpaccio a peint le Martyre de sainte Ursule, que cite Proust, où on ne voit ni Bucentaure, ni brocards (du reste, l’action se déroule au 5ème siècle, bien avant l’ère de Venise). Proust confond les deux noms, qui se ressemblent (il n’a pas Internet pour vérifier !). Mais c’est pas grave : que n'a-t-on pas rappelé ses lignes lors de l'exposition de l'an dernier ? Critiques d’art ? Proust, Baudelaire. 

Résultat de recherche d'images pour EXPO VERMEER DE DELFT :

La rareté de ses œuvres renvoie à la perception de la photographie : moins il y a de photos, plus elles parlent. 

Cf. l’extraordinaire puissance de la rubrique de Bernard Cahier « une image, un jour » d'Automobiles classiques ». De même pour le Big data : on se perd dans l’infini des données innombrables, tandis que toute la bibliothèque de Stanford tient sur un disque dur de moins d’un terra octets. L'abondance des informations superficelles noie toujours celles qui sont profondes. Et tue toute tentative de concentration. Comme lire Kant quand on reçoit un SMS toutes les trois minutes ? On peut pas.

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PROUST,  vieillissant

Je ne crois pas, contrairement à Patrick Besson, que la guerre de 14 "date" la Recherche. L'événement est incontournable dans la pensée euréopéenne. Un veai séisme. Par contre, certains paragraphes de la Recherche sont dépassés, démodés, ennuyeux. Il faut le reconnaître, ce qui ne cadre pas avec cette tentation de perfection qui imbibe l'esprit français. C'est politiquement incorrect, mais évident. Il en est ainsi pour certains films, comme Les Barbouzes, qui faisaient hurler de rire mon père : certains passages sont hilarants, d'autres - la majorité - ont terriblement vieilli, sont devenus impossibles à regarder : il ne faut pas adorer ou rejeter, il faut trier. Si c'est triste, c'est comme ça, et il faut aussi rester lucide.

NUMERIQUE : « il se gère », comme il veut. Permet de traiter chaque image comme unique : noirs, grain, ss ex, sur ex, cadrages, relief, etc. Contrepartie : habité par nulle unité, homo

À force de traîner ses yeux dans son bourbier, on s’en ferait comme une spécialité. Essentiellement grâce à la photographie de reportages : ère unique dans sa propre histoire. Elle nous fait connaître les "dominos" de Kissinger, mcnamara, Kennedy (NB : si beau, mais si détesté par certain correspondant US de terminale, mobilisable), les soviétiques, l'Oncle Ho, les journalistes d'alors, les chiffres, Nixon, le VC, les Marines, leurs armes, et surtout, les Vietnamiens. Ce qu'ils ont supporté est proprement effroyable et ce que nous pourrions vivre un jour pourrait-il y ressembler ? 

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Photos Henri Huet. À dr., Horst Faas. Les viets : Voilà des gens qui vivaient dans le moyen âge, certes, mais aussi dans une paix totale, une harmonie infinie, une nature vierge, une économie auto suffisante, un coup de riz, un rien d'opium. Un amour familial et patri/matriarcal d'un autre monde. Notre administration ne leur allait pas si mal. Leclerc avait vaincu au Sud, il s'était imposé au Nord. mais d’autre hommes sont venus chez eux du bout de la terre, et ils ont tout détruit. Pulvérisé. Depuis la France, les USA, et surtout l'URSS ou la Chine, ils ont bombardé le port d'Haïfong, leurs villages, pulvérisé leurs cités impériales ou pas, labouré leurs cimetières, ils les ont a ruinés (alors qu'ils ne possédaient rien), ils ont piétiné leurs autels, rasé leurs forêts et exterminé leurs enfants au napalm, les villages compris avec leurs habitants dedans. De son épouvantable côté, leur peuple divisé a vécu de représailles, il a été sur-sacrifié, il a massacré les populations civiles, fait du terrorisme un quotidien,  et exterminé des opposants par centaines de milliers. Millions. Et nos belles ames, pourtant si férues de vérités, n'en n'ont jamais trop parlé. Don McCullin, qui a passé là-bas des années à photographier en se faisant tirer dessus : "tout ce pays saccagé, toutes ses vies brisées, tout ce courage - tout ça pour rien". Notre peur est simplement que nous arrive la même chose. Voilà tout. Peu probable, mais les Vietnamiens ne vivaient-ils pas en paix ? Les villageois d'Afrique noire aussi, les Arméniens aussi, les Indiens d'Amérique aussi, pour l'éternité (quoique…) ?

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30/12/2016 - Henri Huet et Larry Burrows. 

Ils partagent au Vietnam la même tombe inconnue. En relisant les livres photos magnifiques - cathédrales éditoriales - d’Henri Huet et d’Associated Presse (AP, Horst Faas en particulier) sur la guerre du Vietamn, on reste impressionné par la qualité des images, un demi siècle plus tard. Q  : la recette ? La formule magique ? Comment furent-elles prises ? Photographes : travail, passion, risque ; amour. Matériel : Nikon F d’abord, Leica ensuite (mais si une note rectif inventaire suite dc Huet réclame le remplacement de ses Nikon, elle juge inutile celui du Leica + 35mm). Pellicule : Tri X, soit 400 ASA (ISO). Développement quasi industriel des négatifs, tirages, envoi. Point à la ligne. Aucun retraitement des images, aucune retouche, aucune rectification sur photoshop, etc. : tout le monde est à égalité, chaque photographe voit, prend, rien ne modifie a posteriori son témoignage. Ce qui engendre une production objective, mais surtout stable, régulière, constante, d’images. Le mot qui convient est : impersonnelle. Impersonnelle implique que le photographe passe après le sujet, et stable signifie que l’œil du lecteur construit ses repères, puis s’y habitue, regarde au delà de voir, et finit par comprendre. Rien, aucun trucage ne le séduit, distrait, trompe. Le photographe dit simplement : « J’ai vu ça, c’est important »

31/07/2016 : Les apprentis photographes devraient commencer par apprendre à se servir d’un écran et d’un serveur. Difficile de comprendre pourquoi l’écran, cette fascinante tarte à la crème métaphysique, est si mal, si peu utilisé. Les photos de mariage payées remises avec deux mois de retard en sont la preuve : on devrait les avoir le lundi soir, le dimanche étant dédié à la gueule de bois traditionnelle. Une fois que l’apprenti sait se servir d’un écran, qu’il commence à essayer de faire des photos.

09/2016 - Pas de TRES BELLE photo au numérique. Une très belle photo, c’est à l’argentique. UNE. - Oui, mais un reportage complet, c’est plus amusant qu’UNE très belle photo unique (que personne en sait regarder, du reste).

Baudrillard : ses réflexions sur le champ visuel et l’image sont supérieurement subtiles, innovantes, et elles échappent à 99,9999 % des humains. Evidentes.

10/2016 - Il est frappant de voir combien les bonnes photos ne sont pas doublées. Limite danger. Je n’ai jamais fait une bonne photo en mitraillant ; je crois que le hasard et l’art n’ont pas tellement de points communs.

09/2016 - Voilà une photo douce, tirée d'un spot féministe, donc bien sous tous rapports. Sur iPhoto, on voyait bien que le spectre colorisé des images numériques était très différent de celui des argentiques. Celles ci sont beaucoup plus douces, plus régulières : à l’écran, leurs courbes sont quasi plates. Par contre, dessinant des sommets hurlants et absurdes, les images numériques crachent du contraste, de la précision, elles peuvent devenir hideuses de dureté et d’absence d’harmonie. Ce qui produirait ce qu’un peintre (rencontré à Sceaux) appelait à juste titre des « images sans joie ». Contraste, précision : est-ce comme ça que l’œil voit, que la mémoire se souvient ? Marre, des photos nettes ! - Oui, mais en attendant, on ne sait pas DIRE ce qui est plus beau dans les images argentiques. Peut-être parce que justement, c’est rien.

12/12/2016 : « Ce que l’œil demande » : 

l’œil demande à regarder sur un écran, des couleurs dures, contrastées, forcées. Le pouvori de séductinon est écrasant, comme incommensurable. Mais… dieux que ces photos d'autrefois, religieusement recueillies, de feuilles mortes flottant sur des eaux noires, où on précise l’appareil, l’objectif, la pellicule, la vitesse et le diaphragme sont dépassées, inutiles, étonnantes, émouvantes, consternantes ! Oui ; « plus personne photographie comme ça » !! Toutefois, attention : quand ce sont les pros, les vrais, les bons (Salgao, Haas, HCB) qui publient, tout redevient comme comme normal, comme par miracle...

18/10/2016 - Curieux : 1.    Je reçois une pochette de tirages photos Négatif +. Par exemple, une église shootée au leica M3, sans l'aide de rien ni de personne.

2.    Je charge les CD, et je regarde mes photos à l’écran : a.    je les recadre immédiatement (en fait, je les resserre) b.    je reprends l’horizontalité, c.    je contraste plus, ou moins. 

3.    Mais quand ensuite je colle les tirages papier correspondant dans mon album, je constate simplement, que là, sur les tirages, il n’y a rien à recadrer, ni à corriger. 4.    Conclusion : on ne voit pas de la même manière une image à l’écran et dans un livre.

12/10/2016 - QUE VA DEVENIR ROBERT MAPPELTHORPE ? - C'est un grand, mais notez que j'en parle au passé. 

- On dirait vous avez du mal à l'appeler Robert. 

- Oui. Nous ne partagions pas tout ,avec Bob. Mais c'est - ce fut ? - un grand. Et même s'il faut homosexuel, je ne suis pas certain qu'il ne sombre pas dans l'oubli. En plus, il était Anglais. C'est mort, les rosbifs.

Fascinant de voir combien la plupart des gens se foutent bien pas mal de la photographie. Combien ils n’y comprennent rien, n’y attachent aucune importance, ne les regardent pas, les photos. C’est comme ça : vexant, mais comme ça. Tu leur fais le reportage du siècle (mariage, voyage, balade), ils s’en foutent, ne te répondent même pas. Ne te disent surtout pas merci, rien. Pas un mail. " Rien, rien, rien ".

7/10/2016 - Admettons… Bon… Depuis, disons… une quinzaine d’années, l’image numérique a remplacé l’image argentique. Une première raison : la fermeture des bons labos. La couleur n’est plus tirée correctement, les diapos non plus. Finie, la R&D, etc. Une deuxième raison : le numérique est fait pour l’écran dès le départ ; …mais il se sort plutôt bien du tirage papier. Troisième raison : l’œil du XXIe siècle s’est habitué au numérique. Ce dernier s’est hissé au rand de « normatif ». Il en est de même du style. On a donc perdu l’habitude de voir de la couleur papier, de la diapo, et pris l’habitude de voir des photos sur écran. Et l’habitude, ça se transforme vite en vérité.

La grande mode est de mépriser l’utilité de l’expérience. On ne rencontre plus que des types complétement inexpérimentés, des novices, des blancs-becs. Or, les inexpérimentés sont - en particuliers - des types qui n’ont pas souffert, et qui ignorent que l’histoire est  tragique. Ils n’ont qu’une faible valeur. On en déduira que la souffrance est un capital. La fonctionnalisation des choses, si bien décrite par Hannah Arendt, encourage fortement cette connerie.

09/2016 - Il y a des photographes spécialistes de la photo unique, la grande photo, du siècle, et il y a d’autres photographes, spécialistes du reportage. Cartier Bresson : une série de photos uniques : 1X100 photos uniques = 18/20 à 100 %. Philip-Jones Griffith, un reportage : 100 photos = 16/20, à 95 %. Mais qui forment un tout, une thèse, un livre. Des photos moyennes expliquent, permettent de mieux comprendre une photo 17/20, qui passe, du coup, à 19/20.

IL Y A DES FEMMES QUI SONT BELLES AU CINÉMA, T'EN TROUVES D'AUTRES QUI SONT BELLES EN PHOTO. C'EST PAS LES MÊMES? OU RAREMENT. BON, MERRYL... UNE EXCEPTION ?

17/09/2016 : mariages, sorties de messe : les seules photos sont désormais prises par des femmes, avec leurs smartphones. Au dernier mariage en date, un mur de femelles sexagénaires s’est dressé devant moi pour faire crépiter leurs iPhones. Je n’ai (presque) rien pu faire. Personne ne verra jamais ces photos de vieilles noix, bonjour la mémoire ! Mais pendant ce temps, ces messieurs refaisaient le monde, et leurs appareils rouillaient dans leurs armoires. Tous me demandent « ce qu’ils pourraient en tirer ». Finies, les sixties, les mecs et leurs canon AE1. Idem pour le rayon du son / stéréo, selon ma vendeuses de la FNAC.

07/2010 La PHOTOGRAPHIE n’est certainement pas un art, mais un outil. Un sacré bon outil qui sert à des artistes. Et voilà : « tout doit être pensé dans l’ordre ». Faut pas être sorcier, pour comprendre ça. A l’époque de son invention, je veux bien qu’on ait été troublé… Contrarié... Baudelaire bouleversé… Mais aujourd’hui ? Un outil, de plus en plus merdique, avec ça. Esthétique, émotion, évocation + plaisir et surprose… Toujours pareil !… En conclusion, tel Bergman, je peux prétendre avoir pris une part active à la création artistique de mon époque. Attention : une part modeste ; très. Mais active ! Y a qu’à voir ce que ça m’a coûté ! J’ai travaillé ça, ce métier, comme des dizaines de milliers de peintres, sculpteurs, etc., amateurs. Eh ! bien, pas une fois je ne suis allé chercher l’inspiration chez des « contemporains ». Je redécouvre Goya ou Vermeer de Delft tous les jours, je ne m’en lasse pas. Ce n’est pas le cas de Roy Lichtenstein ou de Robert Rauschenberg. J’imagine, je SAIS que tout le monde est dans mon cas. 

Princesse Troubetskoi

En ce temps là, mon bon Monsieur, on savait ce que c'était qu'une jolie femme. 
Portrait peint par Winterhalter. 

- On savait ce que c'était qu'un bon peintre.

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Feuillé l’album de la Pléiade " André Breton "

Pourquoi se fatiguer pour ce type ? Cet album à peu près ILLISIBLE illumine de débat, en démontrant - dès l’ennui morne des premières pages - que le surréalisme est insupportable. MORT à DADA. In fine, quelle nullité, quel vide intellectuel, quelle immaturité ! Dictatorial, avec ça, le Breton. Doctrinaire... Volontiers communiste. Ceci expliquant cela. Le « surréalisme » est décidément inexistant. Le plus consternant étant quand cette bande de fumistes puérils et sans références d’aucune sorte débarque dans le monde  de l’art - où ils n’ont aucune légitimité, ni jamais rien démontré - pour déclarer que « l’art est mort », la littérature aussi, etc., et produire leurs œuvres de hasard, le hasard que Démocrite anéantissait d’une phrase, voici 2500 ans. 

Claudel avait raison : « surréalistes ? Pédérastes et compagnie ». On lui en a voulu, à Paul, mais il avait raison et sa sœur Camille est là pour le démontrer : ses sculptures, qui n’ont rien de surréaliste, sont cent fois plus fortes que les machins de Burren.

Le seul effet artistique des surréalistes et de leurs successeurs, d’André Breton à Max Ernst en passant par Marcel Duchamp, est d’avoir démontré que les experts, les esthètes, les marchands, les conservateurs, les officiels, les enseignants, les journalistes, les commissaires priseurs, les Parisiens, les snobs, les critiques, les ministres de la culture, les bien-pensants, les mécènes, les collectionneurs ne connaissaient, ni ne comprenaient rien à l’Art, à ce qu’ils disaient, et à ce qu’ils payaient - ou plutôt faisaient payer aux contribuables.

 

QUESTION MAJEURE : UNE PHOTO DOIT ELLE ÊTRE OBLIGATOIREMENT NETTE ? 

Pas forcément. Dans certains cas, le bougé est inévitable, et on lui pardonne. 

À gauche, juste là, le plus beau ratage de ma vie. 

On ne va surtout pas crier au génie, au hasard. C'était un Rollei 35 argentique de 40 ans d'âge, il faisait presque nuit, j'étais déjà bon pour la lumière sans cellule messieurs-dames c'était pas si mal. Mais je me suis planté sur la distance. J'ai dû laisser sur infini : elle était à UN MÈTRE MAXI. Je faisais juste, c'était un Rembrandt. Toute ma vie, je m'en boufferai les couilles. C'est ça, la photo, les photographes. 

SINON LE FLOU ce sont les cas de photos rapides, furtives, la pointe d'un sein, une chatte à la sortie d'une douche ; le bougé, c'est la vie. J'en ai des fameux en réserve. Dans d'autres cas, le bougé rappelle le temps qui passe, la fugitivité des émotions, la supériorité de doute sur la certitude, claquemurée dans son " piqué ". Faut pas chercher plus loin.

COUP DE TONNERRE SUR LE MARCHÉ DE L'ART !... SOULCLOS déclare : " L'ART CONTEMPORAIN, JE N'EN PENSE RIEN "

« Vous faites des photos, Monsieur. Mais vous n’êtes pas photographe » (cf. JP Marielle, Tous les matins du Monde)

La photo, c’est beaucoup du « snapshot », de l’instantané. Or, le numérique convient bien à l’instantané : l’instantané ne se construit pas, il n’a aucune exigence esthétique. En revanche, il est très cher. Mauvaise qualité ? Pas d’esthétique ? Pas cher ? Réflexe /choix immédiat : numérique. Disparition des appareils argentiques des sacs et des valises. La messe est dite. Tant mieux ?

La photographie sécrète une littérature au vocabulaire pauvre et il ne faut pas s’en étonner : les photographes ne sont pas souvent des intellectuels. La PHOTOGRAPHIE ne pourra poser à ses rares intellos - tels que Susan Sontag ou Roland Barthes - de nombreuses questions sur sa propre incohérence, sur laquelle les photographes n’ont aucun état d’âme. Il ne faut pas s’en étonner non plus : car l’analyse de la photo n’est que celle du produit d’un outil (très diversement utilisé) et non pas d’une forme de pensée (l’Art). On compare naturellement le travail d’Irving Pen avec celui des téléphones portables, mais ils n’ont rien en commun, sauf d’être regardés (et encore, avec des regards différents). Bref, d’un côté il y a SM Irving Pen, Fine Art, de l’autre un téléphone.

Idée comme ça : faire un calendrier Photoservice de B... Problème : les photos peuvent provoquer trop de nostalgie. Conclusion : on arrive au terme de la démarche photographique, qui s’arrête net, avant même d’avoir atteint son but, qui était de faire revivre le passé, but largement pressenti comme singulièrement irréaliste, impossible à atteindre. J’ai consacré toute ma vie à une passion empoisonnée. Pas de calendrier, donc, pas de poster…

 

Véro, elle, était intermittente, et elle croyait à l'Art.

" Le modèle, m'expliquait-elle encore, travaille avec le photographe à construire un monde plus beau". Dame... Je n'avais aucune envie de la contredire. J'y croyais presque, à son truc. Ça me flattait. Ses bas noirs me plaisaient bien, j'ai toujours demandé à mes girls d'en apporter dans les séances, on sait jamais. Des bas noirs et des blancs, voir plus loin. Avec moi, elle fut servie : j'étais pas contrariant, je la payais ce que j'avais dit, même si je voulais surtout, en douce, retrouver les traits d'une fille dont j'étais amoureux. 

Des évidences surgissent, comme des paysages importants, comme des réflexions spontanées et très légitimes « Ça me rend triste, c’est trop dur de voir tous ces gens qui sont morts. » La messe est dite. La question suivante est presque : « Que faire de ces images ? Les détruire ? Elles m’obsèdent… »

Paysage de la vie de mon père.

2019 : L’impression d’avoir œuvré toute sa vie dans une direction non pas mauvaise, mais bel et bien inutile. Chaque jour, chaque heure, chaque minute j’ai été là pour fixer les moments les plus beaux, les plus grands, mes plus importants de ma vie, de celle de tous les miens (puisque, à vrai dire, je ne suis MOI jamais sur mes photos, ou presque). Je me suis coltiné des appareils énormes, coûteux, dangereux, fragiles, pour rapporter une trace de ce qui avait été, et qui était in finement précieux. Et maintenant, toutes les images, tous les souvenirs, tous les moments éternisés sont inutiles, tristes, angoissants parfois. Dominique L… Jean-Pat… Morts, et à quoi ça me sert d’avoir leurs photos ? Je n’ose même pas les envoyer à leur famille. J'ai tort, m'a expliqué une femme.

…Ça ne servirait qu’à un sociologue bizarre, qui reconstituerait notre ÉPOQUE d’après tout ça, toute cette MATIÈRE. Qui rendrait notre temps universel. Ne rêvons plus, mectons ! Jamais, il ne se portera acquéreur de Dominique, Jean-Pat, Pat G. et des autres. JCP... Tout le monde se fout bien de tout ça. Les gens, d’ailleurs, ne regardent même plus des photos numériques, qu’ils se croyaient obligés de regarder avant, sans doute parce qu’elles étaient coûteuses. Non. Ça n’intéresse décidément personne, et je dois dire que le moins intéressant du moins intéressant ce sont les paysages, que j’avais tant travaillés.

Image associée

Des photos,… ces souvenirs passagers, voleurs d’un temps au fond bien inutile. Et  qui étaient censées rendre les gens qu’il aimait (dont lui) immortel.

 

Hors des personnages, point de salut. Point barre. C’est comme en peinture : paysages, ok, mais avec des gens dedans. Quelle que soit leur putain de vie. Don McCullin ou pas.

 

Paris, grande période Henri Cartier-Bresson. Plein les journaux. Plein les musées. Plein la télé. HCB, 95 ans.

Juillet 2019 : j'ai édité, savez-vous, un album de photos de mariage de quarante pages et ceci avec seulement une pellicule et demie. Cinquante photos, ou un peu plus mais pas beaucoup plus. À comparer aux quinze cents images des Canon 5D des photographes-photomatons en survêtement et T-shirt Totaliment qu'on voit se rafler en pleurnichant deux mille euros à tous les mariages.

- Le samedi 2 mai, profitant d’un Paris désert, suis rendu à cette importante rétrospective, organisée par Robert Delpire à la Grande Bibliothèque (1). Très belle expo, il est vrai, très bien pensée par Robert Delpire : côté personnel, côté historique, côté journalistique, etc. Des images parfaites, souvent identiques et tirées dans des formats différents, du 13X19 au 100X150 géant, d’époque ou actuelles, en passant par un format 24X36 très bien encadré. Des images surtout bien « cadencées » : elles se suivaient d’un pan de mur à l’autre, avec toute la logique du maquettiste / metteur en page qu’est Delpire. Des photos d’HCB lui-même (rarissimes), des archives, des bouts de films ; le Maître y est imposant, majestueux (très grand, HCB ; très maigre, une asperge distinguée, presque chauve, un éternel imperméable, pas du tout le look baroudeur de Don McCullin, ou séducteur de Bob Capa). Radio : HCB y répétait, sur le ton hautain qui l’a toujours caractérisé, ce que cher Robert Doisneau expliquait plus simplement, mais en souriant, à savoir que si la photographie a remplacé la parole, ça n’est pas la peine d’en parler trop longtemps. 

 

HCB PARLAIT COMME UN LIVRE D'HISTOIRE ; mais d'histoire ancienne.

HCB disait des choses intéressantes sur le surréalisme, dont il est resté fort éloigné (étranger) ; sur le photojournalisme ; et sur la naissance de l’agence Magnum (voir/Web). Il a rédigé, en 1952, quelques pages prophétiques, lumineuses et suffisantes pour expliquer sa conception des choses (la photographie n'a pas besoin de lignes pour exister, contrairement à ce que je semble penser en ÉCRIVANT,). HCB, un don unique pour réunir les ingrédients de hasards exceptionnels dans des lignes géométriques incroyables. Ces moments, ces « instants décisifs » qu’il vole à un hasard toujours pris de vitesse n’ont d’aussi inspirés que l’insondable profondeur de ses portraits qu’ils soient de Mauriac aux mains torturées (torturantes ?) de JP Sartre, photographié sur un pont de Paris, de Faulkner, à Owan Oakes, Oxford, dans le Sud avec ses chiens courants ou de Matisse, paisible barbu, pinceaux en main, rendu aérien par des colombes immaculées. Géométrie : le calage systématique du personnage sur le centre (croisement des diagonales) de l’image, dont il n’occupe en général que le rectangle inférieur (le plus souvent le droit). Le sujet se trouve ainsi représenté dans son milieu. Leica. L’utilisation d’un objectif toujours identique (50mm) donne à son œuvre : 1° une grande unité, et 2° peu de « profondeur de champ » : le personnage ressort ainsi dans un décor, son décor, légèrement flou, légèrement effacé, derrière lui. Dear Henri disait encore qu’une de ses amies, qui posait à poil pour lui, avait fini par lui demander de s’intéresser « aussi à ses mains, et pas qu’à ses fesses » (sur ce sujet au moins, je suis l’égal du Maître). Il disait enfin qu’il ne révèlerait jamais le nom de celle qui posa pour un de ses rares nus (publié), photographié dans une rivière. Galant homme ? Peut-être, mais malchanceux, en tous cas : le modèle a été identifié, et ça n’est pas n’importe qui, puisque c’est le peintre Léonor Fini. Le corps, dont on ne voit pas la tête, est sans aucun doute celui de cette femme radieuse qu’on retrouve dans l’Express du 30/4. Et en juillet 1933, la belle se promenait en Italie, entre ce cher Henri et le vertueux André Pieyre de Mandriargues. Curieux ménage, sensuelle Léonor. HCB et MFk ont eu une fille, Mélanie, en 1970 : sera-t-elle l’addition des deux talents réunis ? Peu de chances... Lire les qq lignes de Jean-François Revel sur HCB dans ses Mémoires (Le Voleur Dans La Maison Vide) : impayable !

Je n'aime pas les photos truquées. Je trouve ça VULGAIRE, pour ne pas dire vulvaire.
 

2010 : aussi émue devant ses propres œuvres qu’étonnée par une photo sous exposée et un peu sale représentant des fils télégraphiques tendus sur les platitudes pluvieuses du Pas de Calais, une amie me demande ce qui fait une bonne photo. Trois facteurs simultanés : la photo doit être esthétique, évocatrice, et émouvante. Sans l’un des trois, la photo reste mineure.  Si elle n’est pas belle, on s’en fout, si y a pas d’émotion on sent rien, et si ça représente le voisin, ça intéresse que le voisin. Et encore...

Se dégage la drôle de règle des « 3 E » : Émotion, Évocation, Esthétique.  Y rajouter la surprise (le cerveau aime à être surpris) et le PLAISIR. Mais l’émotion est souvent subtile, l’esthétique conventionnelle, et la plupart des photos n’évoqueraient pas grand chose pour le grand public. Une bonne photo, c'est la fille à droite : Ésthétique, c'est évident. L'Émotion dans son regard, son sourire sybillin ; elle t'invite mais EN MÊME TEMPS elle te regarde, au fond des yeux. L'Évocation : dans les bons souvenirs que ça nous rapelle. Surprise : ses chevilles, tendues. On se fout du reste, du dessus de lit assymétrique, du sein gauche un peu masqué, de ce bush un peu trop dense.

Scoop : HCB, attiré à Forcalquier par Lulu H !!!

LULU, qui expose le Maitre HCB. À coté des très abondantes, les collections de Lulu - l’homme aux cinquante et qq. portraits - qui s’abîment aujourd’hui dans un grenier de la mairie de Forcalquier, à qui il les a aimablement léguées. Moi, je shoote des photomatons du village. 

2002 : Statistiques créativité : 

Fait neuf bonnes photos en dix mois, dont 2 fois 2 photos le même jour (1 et 2, 5 et 6), et 2 fois Roland Pardigon. Si un éditeur reprend cet album et les autres, et s’il se passionne pour eux, il n’y trouvera rien d’autre que la chronique de la vie quotidienne d’un photographe rentré, qui n’est jamais allé voir ce qui se passait dans le monde très loin de chez lui.

J’ai fait des tas de reportages, exposé, publié, vendu, etc. : 
en quarante années de pratique de la photo (plus approfondie qu’on ne le croit autour de moi) jamais l’art contemporain ne m’a apporté la moindre idée ni la moindre inspiration, malgré la passion déraisonnable que j’éprouve pour la peinture. La photographie a été tentée par l’abstraction, mais elle y a mieux résisté que la peinture. Sans doute parce qu’étant plus proche des arts appliqués que la peinture (pub, mode, etc.), son avancée est en quelque sorte naturellement obligatoire. Le grand public ne peut pas être absent du débat. Question bête : chez combien de Français moyens voit-on une reproduction de Picasso ? « - Aucun » me répondit mon père, médecin de campagne, qui passa sa vie à aller chez ses patients, les parfaits « vrais gens ». Art contemporain, inspiration zéro ?  à l’autre extrémité du classement du génie, jamais Marcel Proust – critique d’art inégalé – ne s’intéresse à Picasso, qu’il connaissant sans doute personnellement. « L’art contemporain » (qui en fait est celui de l’époque de Picasso et Mondrian, il accuse 100 ans en 2000) est totalement absent de l’œuvre de Proust.
 
CLARA : « Mais ce qui compte, Pierre, c’est ton œil ! » : je sais. Je sais, mais je passe mon temps à me poser des questions techniques inutiles : « avec quel appareil a-t-il fait ça ? Idiot. Sans intérêt.

 

Tous ces phénomènes sont connus en peinture. 

Le côté scratch, À l'ARRACHE donne même un sentiment de réalisme, de sponanéïté que n'auront jamais les photos numériques, bien trop parfaites pour être vraies. Idem pour ces photos pourries d'amateur qu'on trouve si nombreuses sur 4 Chan.

Souvenir de XI 2007 : Impossible désormais de faire tirer correctement le N&B sur du papier N&B : on ne rend que du Fuji couleur. Non seulement toute la R&D argentique est arrêtée, mais les pellicules couleur perdent peu à peu leur qualité (une  couche de moins chez Fuji, idem chez Kodak). Dans le même temps, le budget R&D Nikon a été multiplié par quatre. 200 €uros par mois de travaux photos.

2020 : les bons tirages sont encore à l'ordre du jour. Simplement, le marché (l'offre) s'est concentré entre les mains expertes de grands acteurs comme Négatif +. L'époque est plutôt à la fusion, au monopole. Parfaitement l'inverse de ce qui se dit, parfaitement l'inverse de la PROMESSE de notre temps.

07/2016 - L'ART POUR l'ART : COMMENT PHOTOGRAPHIER UNE AUSSI BELLE CHATTE AVEC AUSSI PEU DE LUMIÈRE ? 

 

Réponse : avec un appareil numérique et avec une fille qui aime ça. La fille, c'est très faisable, si on est honnête. L'appareil est simple ! En basses lumières, le numérique fonctionne beaucoup mieux que l’argentique : incontestable. Or, de nombreuses scènes, de nombreux bons moments  (dîners, etc.) se déroulent en basse lumière.  Ça aurait été dommage de rater cette photo. Donc…

 

02/2008, la suite : « J’arrête le numérique »